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lundi 23 octobre 2023

What I Saw in Gaza Changed Me Forever

Ce qui suit est ma traduction d'un texte paru sur Mintpress et émanant d'une personnalité juive ayant fait sa "conversion de Paul". Il est question de Saül de Tarse, persécuteur de chrétiens qui, sur le chemin de Damas, fait une rencontre, à en croire les Évangiles. Et voilà notre homme devenu le premier des apôtres, le fameux Saint-Paul des Catholiques. Ici, nous avons quelqu'un qui a d'abord été un sioniste convaincu, et qui en est revenu, à l'instar de pas mal de ses congénères.

Relecture en cours

 

Ce que j'ai vu à Gaza m'a changé pour toujours

Ma vraie libération en tant que personne juive est liée à la libération du peuple palestinien.

par Ned Rosch, 7 Mai 2019

Retrouver les valeurs du judaïsme après une expérience sioniste est une puissante collection de 40 essais rédigés par des juifs d'origines diverses. Chacun d’eux décrit un parcours personnel allant d'une vision sioniste du monde à un activisme solidaire des Palestiniens et de ceux des Israéliens qui s’appliquent à édifier une société fondée sur la justice, l'égalité et la coexistence pacifique. Dans cet extrait de l'essai « La Palestine et mon parcours de découverte de soi », Ned Rosch décrit l'impact profond d'une visite à Gaza en 2014, peu après les bombardements intensifs de « l'opération Bord de mer » menée par Israël.

 

Le grand écrivain indien Arundhati Roy a écrit que "Le problème, c’est qu’une fois que vous voyez la chose, vous ne pouvez plus l’ignorer. Et une fois que vous l’avez vue, rester silencieux, ne rien dire, devient un acte aussi politique que d’en parler. Il n’y a pas d’innocence. De toute façon, vous êtes responsable."

À de nombreuses reprises dans ma vie, je l'ai "vue" et ai senti que les fondements fortement endurcis de mon éducation sioniste finiraient par se fissurer et se transformer en poussière, mais peut-être que rien ne m’a plus profondément ébranlé et renforcé ma perspective qu'un voyage à Gaza en novembre 2014.

Pendant une courte mais remarquable période d’une semaine et demie, j'ai eu le privilège incroyable de faire partie d'une délégation sanitaire dans cette petite bande de la Palestine historique, qui se trouve être l'un des endroits les plus peuplés de la planète, car sa population est littéralement emprisonnée par les Israéliens, avec l'aide des Égyptiens. Se retrouver là, juste deux mois après la guerre meurtrière menée par Israël en 2014 contre la population de Gaza, m’a permis d’apercevoir, à travers les histoires douloureuses que j’ai entendues et la destruction accablante dont j’ai été le témoin, l’horreur grotesque de cette guerre de 51 jours. Les structures bombardées étaient partout visibles, le chagrin universel, le traumatisme intense.

Rawya, qui assurait la traduction pour un stage que j’avais organisé à Gaza avec 15 éducateurs scolaires, m'a raconté autour d'un thé chaud que : "Nous aurons peut-être peur à notre tour. Mon mari et moi avons installé nos quatre enfants âgés de neuf à quinze ans sur des chaises, et nous et nos enfants avons discuté de ce que nous ferions si une bombe nous tombait dessus et que nous soyons les seuls survivants de notre famille. J'avais le sentiment d'avoir besoin de cette conversation car la possibilité me paraissait si réelle et, en tant que mère, je devais savoir que nos enfants avaient prévu la chose." 

Elle, les éducateurs, les enfants qu'ils voient et, selon les conseillers, cela va sans dire, tout le monde à Gaza était traumatisé. Lorsque des jets israéliens ont été entendus un soir au cours de notre séjour à Gaza, la peur qui s’amplifiait était palpable.

En accédant à Gaza, nous avons vu des squelettes obsédants de maisons, des personnes vivant dans des bâtiments dévastés par les bombes, ainsi que des mosquées, des hôpitaux et des usines en ruine. Ce qui reste gravé dans ma mémoire, ce sera probablement ce que nous avons vu dans des quartiers civils fortement bombardés. Il est difficile de trouver des mots permettant même de décrire la dévastation totale du territoire.

Les Palestiniens vivaient désormais dans des baraques de fortune de carton et de couvertures, entourées de gravats. Même si j’avais vu auparavant les mêmes images sur des sites, l’impact produit par la vision de ces familles accroupies près de ce qui était tout ce qu’elles possédaient et qui, en quelques secondes, avait été totalement anéanti, m'a coupé le souffle, à l’instar du pan éclaté d’une grande dalle de béton, avec dessus les noms peints à la bombe des membres d’une famille ensevelis sous les monticules de débris, et une femme assise sur les gravats tout en regardant au loin, tandis qu’un mariage était célébré au milieu d'immeubles ravagés.

Dans un camp de réfugiés, une Palestinienne bien dynamique nommée Reem m'a dit qu'elle ne pouvait plus penser à l'avenir. "Tout ce que j'ai, expliquait-elle, est valable aujourd'hui et cela me suffit, dès lors que cela m’offre de nombreuses opportunités pour aider les gens."  

Reem ouvrait des centres dans certaines des zones les plus détruites de Gaza, des centres où les enfants jouent, lisent, chantent, apprennent le français, plantent des graines dans des gobelets en papier - pour peut-être avoir un aperçu de ce que pourrait être une enfance "normale." 

Rien n'est normal à Gaza. Une décennie de siège et trois guerres ont ravagé l’économie, emporté la vie de milliers de personnes, détruit l’environnement et anéanti les espoirs de voir les choses s’améliorer un jour, peut-être y avoir un avenir.

Yasser, un homme doux, directeur exécutif du programme de santé mentale communautaire de Gaza, a perdu 28 membres de sa famille élargie au cours de la guerre de 2014. Personne à Gaza n'a été épargné sur le fait d’avoir un proche tué ou blessé lors du brutal et implacable assaut israélien. Yasser a déclaré que sa famille parlait de 28 chaises vides.

La famille de Mohammed compte maintenant 10 personnes de moins. L'un des défunts était une jeune fille qui a été d’abord sauvée après avoir survécu pendant dix jours sous un énorme tas de béton et de barres d'armature, avant de mourir à l'hôpital deux jours plus tard. Elle s'appelait Yasmin. 

"Je ne peux pas me sortir Yasmin de la tête avoir Yasmin ni l’idée de ce que ses derniers jours ont été," dit Mohammed, les larmes coulant sur sa chemise.

Tout le monde aspire à l'ouverture des frontières pour pouvoir respirer, travailler, voyager, étudier à l'étranger ou obtenir des soins médicaux qui ne sont pas disponibles à Gaza en raison de la pénurie de tout ce qui a été causé par le siège israélien. Pourtant, la plupart affirment qu'ils reviendraient chez eux. 

" Tout comme un poisson ne peut pas survivre hors de l'eau, nous ne pouvons pas vivre longtemps loin de Gaza. Nous devons rentrer à un moment donné.", a déclaré Walaa, une jeune femme titulaire de deux diplômes de troisième cycle et qui était au chômage en pleine économie dévastée de Gaza.

Imad, un infirmier travaillant à plein temps et qui n’était plus payé depuis plus d’un an, m’a invité à rencontrer son épouse et ses huit enfants dans leur appartement extrêmement modeste mais confortable. Lorsqu'on lui a demandé comment ils survivaient sans revenus et avec tant de bouches à nourrir, Imad a expliqué que tout le monde à Gaza faisait ce qu'il pouvait pour aider les autres, car ils se trouvaient tous dans le même bateau. Il a ensuite haussé les épaules et posé pensivement la question que nous entendions si souvent : "Que pouvons-nous faire ?"  

Il est frappant de réaliser que 2 millions de Palestiniens sont emprisonnés à Gaza, soit dans une zone de seulement 25 miles de long et 5 à 8 miles de large - plus petite que la région métropolitaine de Portland.

Une merveilleuse animatrice, qui s’occupait de groupes d'enfants à Gaza, m'a invitée dans un de ces groupes pour des enfants de 5 ans ayant perdu leur maison, leur famille, leur innocence - et bien plus encore - dans des attentats à la bombe. Je me suis assis au sein du cercle parmi les enfants, alors qu'ils choisissaient des reproductions de visages heureux ou tristes pour représenter ce qu'ils ressentaient. Une fillette a déclaré qu'elle avait pris un visage triste parce que son grand-père avait été tué par une bombe. D'autres ont pris des visages tristes parce qu'ils avaient fait de mauvais rêves. L’animatrice m'a dit que sa propre fille de 10 ans l'avait implorée pendant la guerre : "Ne me laisse pas seule. Je veux qu’on meure ensemble."

Il y a donc suffisamment de stress, de chagrin, de douleur et de tristesse à vivre, mais il existe également une quantité remarquable d’amour, de générosité et de détermination. Ramadan, qui a traduit pour moi lors d’un de mes ateliers, et qui prépare un doctorat en psychologie, m’a fait observer que, de même que beaucoup de gens ne peuvent apprécier l’importance de leur santé que lorsqu'ils tombent malades, les Palestiniens ne peuvent ressentir plus intensément l'absence d'une patrie qu’après l'avoir perdue si brutalement. "D'autres ont une patrie physique, un endroit où ils vivent ou qu’ils visitent. Notre patrie vit dans nos cœurs.", m'a dit Ramadan autour d'un café, au son du clapotis des vagues sur le rivage.

Alors que je marchais dans un secteur de Gaza qui avait été fortement bombardé par les Israéliens, observant des maisons, des immeubles d'habitation et une école complètement détruits, un homme d'âge moyen est venu vers moi et m'a poliment offert un grand manuscrit recouvert de la poussière provenant des décombres d’habitations toutes proches détruites au cours d’un bombardement. Quand je lui ai demandé ce que c'était et pourquoi il voulait me le donner, il m'a fait signe de le suivre de l'autre côté de la rue jusqu'à un énorme tas de débris. Alors que nous gravissions le monticule en évitant les éclats de verre, les barres d’armature tordues et le béton, il a sorti son téléphone et m’a montré la photo d’une maison très attrayante et bien entretenue - sa maison. Il a expliqué que la famille occupait cette maison et que tout avait été détruit, à l'exception du manuscrit, sa thèse de doctorat, qui était une critique littéraire des œuvres d'Ezra Pound et de T.S. Eliot.

Ce professeur, qui avait tout perdu, insistait pour que je prenne ce qui restait d'une vie. Je ne saurai jamais pourquoi. Peut-être que c’était l’hospitalité palestinienne qui l’obligeait à donner quelque chose à cet invité, et c’était tout ce qu’il avait à offrir. Peut-être voulait-il que j’emporte ce document en lieu sûr, sachant que rien n'était en sécurité à Gaza. Peut-être ce professeur disait-il qu'en dépit de toutes les destructions que les Israéliens pouvaient déclencher à leur guise, il y avait une chose qu'ils ne pourraient jamais détruire : les idées - pas seulement à propos de Pound et Eliot, mais aussi à propos du rétablissement de la justice pour un peuple qui a souffert une brutalité et une dépossession inimaginables.

Je continue de me débattre avec beaucoup de choses, dont la moindre n’est pas le fait de trouver les mots justes pour exprimer de manière adéquate l’intensité de l’expérience de connaître, de façon modeste mais profondément significative, un certain nombre de personnes inoubliables et belles à Gaza, ainsi qu’un aperçu de la réalité incroyablement dure de leur vie. Il est difficile de comprendre comment l’occupation et le siège de Gaza, qui détruisent lentement mais très régulièrement la vie de deux millions de personnes, peuvent se matérialiser et comment le monde fait si peu pour arrêter cela. La question d’Imad : "Que pouvons-nous faire ?" Résonne dans ma tête. Une partie de ce que je peux faire est claire : un engagement plus fort, comme le dit Arundhati Roy, à prendre la parole, affirmant plus largement et plus souvent l’importance de la lutte des Palestiniens, car nous, les Américains, sommes si profondément complices de l'occupation israélienne en cours sur la terre palestinienne. La majeure partie de ce que je peux faire va sûrement émerger avec le temps, tandis que je continue à penser aux personnes que j'ai rencontrées et qui ne veulent rien d'autre que vivre. À Gaza, j'ai laissé derrière moi des amis et un morceau de mon cœur - un cœur brisé bien des années auparavant par le conflit entre ce que j'avais appris à penser de ce qu’était Israël, et ce que j'avais finalement appris, qui était la sombre réalité d'Israël.

Il y a des années de cela, j’avais sincèrement cru que j’étais plus ouvert d’esprit que ça, lorsque j’essayais de croire fermement qu’il existait deux récits légitimes et très différents, un juif et un palestinien, deux revendications fondamentalement irréconciliables du même terrain, et c'est pourquoi le conflit était si insoluble. Mais ce qui était vraiment insoluble, c’était la bataille qui faisait rage dans ma tête et encore plus vigoureusement dans mon cœur. Voyez-vous, j'étais devenu un progressiste sur tous les sujets, sauf un. J'ai défilé pour les droits civils, les droits des femmes, les droits des personnes LGBTQ, les droits de tous, y compris l’abolition de la guerre. Mais en ce qui concernait Israël et la Palestine, j'étais extraordinairement déchiré. Même à supposer que mes amis eussent pu me dire la vérité, comment aurais-je pu tourner le dos à mon propre peuple et à ma propre éducation, surtout après les milliers d'années de souffrances endurées par les Juifs ? L’histoire juive des pogroms, de l’antisémitisme et des horreurs de l’Holocauste n’est-elle pas au moins aussi convaincante, sinon plus ? Après tout, en tant que personne nommée d'après une victime de l'Holocauste, j'étais un maillon d'une longue chaîne. 

Comment pouvais-je contribuer à saper la lutte juive pour reconstruire un peuple décimé après l'Holocauste ainsi qu’après la création récente de l'État d'Israël ? Avec le temps et l’introspection, mon double univers narratif a commencé à s’effilocher, puis à se défaire complètement. 

Le coup fatal est probablement venu lorsqu'un ami palestinien m'a demandé pourquoi les juifs avaient tant de mal à intégrer l'expérience palestinienne à la compréhension juive de l'histoire. Je n’ai pas bien saisi sa question et, avec appréhension, lui ai demandé de s’expliquer. Il m'a mis au défi de ne pas voir deux récits contradictoires, mais une histoire, une histoire de ce qui s'est réellement passé. Cette question et ce défi, ainsi que l'exploration et la ré-exploration de leurs réponses, m'ont conduit dans l'un des voyages les plus profonds et les plus enrichissants de ma vie. 

C’était la confrontation d’un effort fondamental visant à réconcilier ma vision des choses autour d’Israël et de la Palestine, avec les valeurs fondamentales de mon cœur et, au bout du compte, la révélation du fait que, dans l’essence même de mon être, ma véritable libération en tant que Juif était désormais intrinsèquement liée à la libération authentique du peuple palestinien. Mon sens de la liberté et de la complétude ne sera atteint que lorsque chaque Juif - et chaque Palestinien - sera libre. Le sionisme emprisonne non seulement les corps palestiniens, mais aussi les esprits juifs.

J'ai fini par comprendre que la merveilleuse tradition juive de "La Justice, La Justice tu poursuivras !" m'obligeait à prendre position avec d'autres personnes de bonne volonté, y compris de nombreux Juifs, pour soutenir mes frères et sœurs palestiniens dans leur douleur, leur lutte et leur résistance. Pour moi, la percée a été la prise de conscience ultime que prendre la défense des Palestiniens ne voulait pas dire tourner le dos à mon peuple. 

Au contraire, en soutenant la lutte palestinienne pour la liberté, je défendais les valeurs les plus élevées du judaïsme et les revendiquais pour moi-même, d’une manière profondément nouvelle et personnellement significative. Nelson Mandela a déclaré un jour : "Nous savons trop bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens."

 

Source

 

Notes

1. Fils de pasteur, je ne supporte pas de lire le mot "holocauste" sous la plume d'un "Juif" qui se respecte. Que des cohortes de guignols incultes usent de ce mot, je peux l'admettre, mais des Juifs, là je dis NON ! (Lecture)

2. Une bonne partie de mon lectorat est faite de jeunes gens que j'ai pu avoir comme élèves et j'ai pour habitude de les titiller en les incitant à rechercher systématiquement des mots-clés (ou expressions-clés) dans les textes qu'ils lisent, histoire d'en faciliter la compréhension. Mais pour ne pas surcharger le texte, je me suis contenté de mettre en exergue quelques passages en les colorant de rouge.  

3. Je rappelle que l'auteur de ce texte est un ancien sioniste, à l'instar de bien des gens ayant viré leur cuti, je pense au fameux Noam Chomsky, linguiste dont j'ai entendu parler pour la toute première fois sur les bancs de la Fac.

4. J'ai inventé sur Twitter le néologisme "Möchtegernjuden", en pensant à Jacques Brel : "Ils veulent avoir l'air, mais ils n'ont pas l'air du tout ! (...) Chez ces gens-là...". Et c'est bien parce que, fils d'un pasteur hébraïsant, ayant eu moi-même deux "fiancées" ashkénazes et ayant sévi dans ma jeunesse comme professeur à domicile, notamment les dimanches, dans des familles pratiquant le shabbat, que j'ai appris à faire la différence entre les vrais Juifs et les faux : les vrais Juifs ont une foi monothéiste et sont dans l'attente d'un Messie. Israël est tout sauf un État Juif (le bel oxymore !) et il ne suffit pas de s'appeler Blumberg, Benchetrit, Wainstein... et que sais-je encore pour se dire juif/ve !



 

vendredi 13 novembre 2020

Le "séparatisme islamiste" pour les nuls, version Financial Times

 Le Financial Times publie tantôt un papier signé Olivier Roy et daté du 7 novembre 2020, mettant en cause, à son tour, la pertinence de cette invention baptisée (avec les guillemets de rigueur) "séparatisme" islamiste. Est-ce que, par hasard, cet Olivier Roy aurait lu mon propre papier paru ici même (3 novembre 2020) ? That is the question! Plus sérieusement, tout esprit censé et disposant d'un minimum de culture générale voit bien que ce concept de "séparatisme", ciblant la religion musulmane et elle seule, relève de la plus pure ineptie, ainsi que je l'exprimais ici même.

Sinon, je n'ai pas très bien compris la référence aux gilets jaunes. Pour le reste, ce papier m'a paru suffisamment intéressant pour justifier une traduction en français.

 

 Source

Début octobre, avant les meurtres terroristes d'un instituteur en dehors de Paris et de trois personnes dans une église de la ville de Nice, le président français, Emmanuel Macron, a lancé une campagne de répression du « séparatisme » islamiste en France. Il a annoncé alors des plans pour des contrôles stricts sur les associations religieuses et culturelles, et une interdiction de l'enseignement à domicile, sauf pour des raisons de santé.

Le gouvernement français présentera, début décembre, un projet de loi visant à « renforcer la laïcité », version typiquement française du sécularisme, et à « consolider les principes républicains ». Les propositions reposent sur deux thèses.

Premièrement, ce terrorisme djihadiste serait alimenté par la propagation de l’islamisme ou du « salafisme » dans les banlieues défavorisées de France et, deuxièmement, la manière de le combattre serait de promouvoir, voire d'imposer les « valeurs de la république ».

La première thèse est particulièrement importante car elle suppose que l'on cible tout particulièrement le « séparatisme » islamiste, et pas d'autres communautés religieuses ou mouvements séparatistes laïques, comme le nationalisme corse. Cela pourrait conduire à des décisions allant de l'interdiction aux États musulmans d'envoyer des imams en France, à l'interdiction aux médecins de fournir des certificats de virginité. Cela peut également exiger des services publics qu'ils signalent les « premiers signes de radicalisation » - généralement rien de plus qu'une démonstration de dévotion telle que la prière en public. En plus d’élargir la capacité de l’État à interdire les organisations jugées nuisibles à la République, M. Macron a appelé à une expansion des programmes existants de lutte contre la radicalisation.

Les propositions soulèvent deux questions clés. Quel est le lien entre l'islamisme et la violence terroriste ? Et quelles sont ces « valeurs républicaines » que l'exécutif veut protéger et renforcer ?

Mon enquête sur les responsables des précédents attentats terroristes sur le sol français montre, contrairement à l’opinion désormais dominante, qu’il ne s'agit pas de sujets radicalisés via une « incubation salafiste » dans les mosquées et les écoles religieuses des banlieues défavorisées de France. Au contraire, la plupart s'étaient radicalisés au sein de petits groupes d'amis et de parents, souvent dans un milieu caractérisé par la petite et moyenne délinquance. Ils utilisent Internet pour trouver des textes et de l'inspiration, et font peu voire pas de référence aux principes de la charia. La plupart d'entre eux vivaient à la marge de la communauté musulmane, pas en son centre.

Les mesures actuellement proposées auraient-elles pu empêcher l'un quelconque des attentats terroristes perpétrés en France depuis l'attentat du métro parisien en 1995 ? La réponse, me semble-t-il, est non.

La deuxième thèse qui sous-tend le projet de loi – à savoir que la réaffirmation des « valeurs de la république » est au cœur de la lutte contre l'islamisme - soulève deux autres questions. Quelles sont précisément ces valeurs ? Et que signifie le fait de les imposer à une société censée respecter la liberté d'opinion et de croyance ?

Il est vrai qu'il y a eu une croissance en France au cours des deux dernières décennies de ce que j'appelle le « néo-fondamentalisme ». J'entends par là la transformation des formes traditionnelles de l'islam en un système de normes explicites qui ont un impact sur la vie sociale, y compris le port du hijab, appelle à manger de la nourriture halal et à refuser de serrer la main des femmes.

Le néo-fondamentalisme a pris racine dans certaines des régions les plus défavorisées de France, alors même que les fractures sociales du pays se sont aggravées. Cela a également donné naissance à des mouvements de protestation non religieux, tels que les gilets jaunes. Mais quelle est l'alternative que les « valeurs républicaines » sont censées incarner ?

Ces valeurs n'ont pas été consignées dans la loi de 1905 qui a établi la séparation de l'Église et de l'État. Les valeurs de la République, à cette époque, étaient des valeurs chrétiennes conservatrices sécularisées - les femmes n'avaient pas le droit de vote et l'homosexualité était criminalisée.

Les valeurs républicaines auxquelles le président Macron fait référence sont clairement les valeurs libérales des années 1960 : égalité des sexes, liberté sexuelle, mixité, etc. Mais en quoi ces valeurs diffèrent-elles des valeurs des autres pays européens ?

Ce qui est spécifiquement français dans les valeurs que le président a choisi de défendre, c'est la laïcité, ou le sécularisme. Le projet de loi aurait pour effet de réduire l'affichage de la foi religieuse, et pas seulement de l'islam, dans la vie publique, souvent au détriment des valeurs très libérales - liberté de religion, de pensée et d'expression - qu'il est censé protéger.

Voir ces questions, comme le font certains critiques, à travers le prisme du racisme, n'a pas de sens. De nombreux musulmans laïques sont des partisans de la lutte pour les valeurs républicaines. À l'inverse, de nombreux catholiques conservateurs se sentent de plus en plus mal à l'aise avec les interprétations actuelles de la laïcité. Et si certains sont hostiles à l'islam, ils rejettent l'idée même de ce que M. Macron appelle le « droit au blasphème ». Le vrai problème ici est donc ce qui reste de la liberté religieuse dans notre république sécularisée.

 

 

mardi 3 novembre 2020

Islamisme, terrorisme, séparatisme islamiste. Retour sur une escroquerie

Voilà trois ans et demi que les Français ont élu leur dernier président de la République, lequel a très vite affiché une incroyable propension à livrer des discours pompeux et particulièrement médiocres, ainsi que j'ai pu le relever ailleurs.

Et un de ces discours, je veux dire un des plus mauvais, avait pour thème le "séparatisme islamiste".

Les Mureaux, près de Paris, 2 octobre 2020 (discours de 9800 mots, 60800 signes).

Extraits (avec mises en exergue suivies de commentaires).

 (...)  

Ce à quoi nous devons nous attaquer, c'est le séparatisme islamiste (1). C'est un projet conscient, théorisé, politico-religieux (2), qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République (3), qui se traduit souvent par la constitution d'une contre-société et dont les manifestations sont la déscolarisation des enfants (4), le développement de pratiques sportives, culturelles communautarisées (5) qui sont le prétexte pour l'enseignement de principes qui ne sont pas conformes aux lois de la République (6). C'est l'endoctrinement et par celui-ci, la négation de nos principes, l'égalité entre les femmes et les hommes (7), la dignité humaine.

(...)

Et il y a dans cet islamisme radical, puisque c'est le cœur du sujet (1b), abordons-le et nommons-le, une volonté revendiquée, affichée, une organisation méthodique pour contrevenir aux lois de la République et créer un ordre parallèle, ériger d'autres valeurs, développer une autre organisation de la société (8), séparatiste dans un premier temps, mais dont le but final est de prendre le contrôle, complet celui-ci (9). Et c'est ce qui fait qu'on en vient ainsi progressivement à rejeter la liberté d'expression, la liberté de conscience (10), le droit au blasphème (11). Qu'insidieusement, on conduit à se radicaliser. Près de 170 personnes, pour ne citer qu'un exemple, sont suivies pour radicalisation violente ici, dans les Yvelines (12). On vient parfois jusqu'à aller faire le djihad (13). Nous savons que nous avons 70 jeunes qui sont partis en Syrie (14), dans le département et qui sont souvent des enfants de la République suivant cette dérive, allant même jusqu'à passer à l'acte en tentant de verser le sang où parfois jusqu'au pire. C'est aussi cette voie dont nous avons encore vu les manifestations vendredi dernier, à proximité des locaux de Charlie Hebdo (15).

 (...)

L'islam est une religion qui vit une crise aujourd'hui (16), partout dans le monde. Nous ne le voyons pas que dans notre pays, c'est une crise profonde qui est liée à des tensions entre des fondamentalismes, des projets justement religieux et politiques qui, on le voit dans toutes les régions du monde, conduisent à un durcissement très fort, y compris dans des pays où l'islam est la religion majoritaire. Regardez notre amie, la Tunisie, pour ne citer que cet exemple. Il y a 30 ans, la situation était radicalement différente dans l'application de cette religion (17), la manière de la vivre et les tensions que nous vivons dans notre société sont présentes dans celle-ci qui est sans doute l'une des plus éduquées, développées de la région. Il y a donc, une crise de l'islam, partout qui est gangrené par ces formes radicales, par ces tentations radicales et par une aspiration à un djihad réinventé, qui est la destruction de l'autre. Le projet de califat territorial contre lequel nous avons lutté au Levant, contre lequel nous luttons au Sahel (18), mais partout, des formes plus ou moins insidieuses, les plus radicales. Cette crise nous touche par définition aussi. (...)

Je me contenterai de commenter les extraits affichés ci-dessus du discours des Mureaux.

(1) séparatisme islamiste. Inclusion, exclusion. Si l'on combat un séparatisme 'islamiste', cela veut-il dire qu'on ne combat que ce prétendu séparatisme-là, et pas les autres ? La France c'est bien le pays qui combat, depuis des décennies, des séparatismes en Bretagne, au pays basque, et surtout en Corse ! Il n'y aurait donc plus de problèmes de séparatisme à la frontière espagnole et en Corse ? En tout cas, ce sont les cagoulards du FLNC - Canal Historique qui ont dû bien rigoler !

(1b) dans cet islamisme radical, puisque c'est le cœur du sujet... Tout le monde comprend que nous sommes là devant un sérieux problème de sémantique ? Parce que si "judaïsme", "christianisme", "shintoïsme", "boudhisme", "taoïsme", "hindouisme", 'maoïsme", "paganisme", "confucianisme", "communisme", "soufisme", "chiisme", "marxisme", "libéralisme", sont recevables en leur qualité de courants de pensées, on ne comprendrait pas très bien en quoi "islamisme" serait entaché de péjoration ! Et ce serait déjà porter gravement atteinte à la liberté de pensée et d'expression que d'ériger l'islamisme au rang de doctrine susceptible de poursuites judiciaires ! 

Mais, du coup, si "islamisme" n'est pas plus péjorativement connoté que "judaïsme", "christianisme", voire "marxisme", pourquoi diable "islamiste" serait-il plus péjorativement connoté que "marxiste", par exemple ?

J'imagine que d'aucuns sont tout à fait conscients de la difficulté du problème, ce qui expliquerait probablement le rajout de l'épithète "radical".

Le problème ne serait, donc, pas lié à l'islamisme en tant que tel, mais à sa version radicale. Mais est-ce seulement le cas ?

D'abord, pourquoi l'épithète "radical", si usitée dans le milieu politique (Parti Radical, Radicaux de Gauche, Parti Radical Valoisien, etc.) deviendrait-elle sulfureuse tout d'un coup, dès lors qu'il s'agit d'islam ou d'islamisme ? 

Quant à l'association islamisme/radical, automatiquement sulfureuse aux yeux de certains, je ne suis pas sûr que tout le monde s'en contente. Je veux dire par-là que tous ceux et toutes celles qui usent si souvent du vocable "islamisme" - y compris sans l'épithète 'radical' - sont-ils absolument "raccord", à savoir pensent-ils, tous, qu'islamisme n'est pas plus péjoratif que judaïsme, par exemple ?

Nous nous promettons de nous livrer à une petite recherche et analyse sémiologique des discours qui ont actuellement cours dans le Landerneau politico-médiatique. (i)

(2) c'est un projet conscient, théorisé, politico-religieux. Ah bon ? L'auteur de ces mots a les noms de ces théoriciens politico-religieux ?

(3) des écarts répétés avec les valeurs de la République. Valeurs de la République ? Mais lesquelles ? Quelle option y aurait-il, à part le retour à la monarchie ? Mais que je sache, on a encore le droit d'être monarchiste en France ! Par ailleurs, la République a longtemps exécuté les criminels condamnés à mort en cour d'assises, avant d'abolir la peine capitale prononcée par des jurys d'assises (1981), tout en perpétuant les exécutions extra-judiciaires de simples suspects depuis (Kouachi et Kouachi, Merah, Coulibaly, etc.) ! Dans ce domaine, ce serait donc  quoi "les valeurs de la République" : on ne condamne plus à mort en cour d'assises, mais on continue d'exécuter des suspects non encore condamnés ? Et ce principe figure dans quel code législatif ? Par ailleurs, en quoi un pays ayant abrogé le principe de la condamnation à mort des criminels par des cours d'assises serait-il plus ou moins "républicain" qu'un autre pays perpétuant cette pratique ?

(4) constitution d'une contre-société et dont les manifestations sont la déscolarisation des enfants. Contre-société ? Parce qu'autrefois, voire maintenant, tout était/est pareil partout ? La France serait-elle une sorte de monolithe politique et social ? Prenons la déscolarisation des enfants : doit-on rappeler au "monarque élu" que c'est l'instruction qui est obligatoire, pas la présence des enfants à l'école ?

(5) pratiques sportives, culturelles communautarisées. Faut-il comprendre que "communauté" serait devenu un gros mot ? Qu'est-ce que c'est que ce participe passé ? Tous les citoyens français pratiqueraient-ils le golf, le polo, le ski, la voile, la chasse à courre ? Tout le monde va-t-il à l'opéra ? Est-ce que certaines activités (golf, polo, opéra, chasse à courre, danse classique...) ne seraient pas réservées à des catégories sociales particulièrement favorisées ? 


Revenons sur ces "pratiques culturelles communautarisées". Le "monarque élu" connaît-il, par exemple, la cérémonie hindouiste du marcher sur des charbons ardents, chère à des communautés d'origine indienne de la Réunion ?

Veut-t-il faire interdire la corrida, les combats de coq aux Antilles, les manifestations folkloriques, forcément communautarisées, qui fourmillent aux quatre coins de la France, ainsi que les dialectes et patois pratiqués et compris par les seuls indigènes ? Va-t-on, bientôt, devoir interdire aux Alsaciens, Bretons, Réunionnais, Corses, Antillais... de parler leur langue régionale en public, comme ce fut longtemps le cas ? Mais peut-être va-t-on aussi interdire les célébrations maçonniques, avec ces accoutrements et ces rites un peu bizarres !

(6) enseignement de principes qui ne sont pas conformes aux lois de la République. On a eu, plus haut, les "valeurs de la République". Là, ce sont les "lois de la République". Ça veut dire quoi exactement ? Que ces principes sont illégaux ? Lesquels ? Et relevant de la seule sphère islamiste ? Et si c'était le cas, qu'attend la puissance publique pour y mettre fin ?

(7) négation de nos principes, l'égalité entre les femmes et les hommes. Ah bon ? Ça fait partie de "nos" principes ? Cela voudrait-il dire, par exemple, qu'il y a autant de femmes que d'hommes dans les assemblées françaises ? Que les grandes entreprises françaises compteraient autant de PDG hommes que femmes ? Que les salaires des femmes seraient absolument identiques à ceux des hommes pour un même statut ? Serait-on en train de réclamer des présumés "séparatistes islamistes" un code de bonne conduite en matière d'égalité des sexes inexistant dans le reste de la société, à commencer par les partis politiques eux-mêmes ?

(8) créer un ordre parallèle, ériger d'autres valeurs, développer une autre organisation de la société. Ah bon ? Sauf que, là, on a l'impression que l'orateur tourne en rond !

(9) séparatiste dans un premier temps, mais dont le but final est de prendre le contrôle, complet celui-ci. Ça c'est nouveau ! Avec la furieuse impression d'une contradiction, voire d'une incohérence. Au fond, ce serait quoi, le problème ? Du séparatisme ou son inverse ? Et lesdits séparatistes, qui ne le seraient plus, voudraient prendre le contrôle, mais de quoi ?

(10) c'est ce qui fait qu'on en vient ainsi progressivement à rejeter la liberté d'expression, la liberté de conscience. Ah bon ? Et ce serait qui ce "on" ? Par ailleurs, n'aurait-il pas mieux valu inverser les propositions, la (liberté de) conscience venant avant (la liberté de) l'expression de cette dernière ?

(11) le droit au blasphème. Blasphème ? Un terme d'essence religieuse ? Mais que vient-il faire dans la bouche d'un président de la République ? Le terme "blasphemia" relevant d'une traduction grecque de la Bible hébraïque, comment une république prétendue laïque, donc n'ayant aucune connexion avec les religions, peut-elle reprendre à son compte un terme qui n'a de sens qu'au sein de la sphère religieuse, à l'instar d'autres concepts comme "ange", "diable", "péché" ou "miracle" ?

(12) près de 170 personnes, pour ne citer qu'un exemple, sont suivies pour radicalisation violente ici, dans les Yvelines. Cent soixante-dix ? C'est tout ? Et ces personnes ont été condamnées ? Dans la négative, comment un président de la République peut-il formuler de telles allégations, par ailleurs attentatoires à la présomption d'innocence ?

(13) on vient parfois jusqu'à aller faire le djihad. Ah bon ? "Djihad", terme tiré de l'arabe, et dont l'intéressé s'est bien gardé de livrer la signification précise ! Quant à la syntaxe "on vient... jusqu'à aller...", on nous permettra de la trouver plus qu'alambiquée, étrange, suspecte !

(14) nous savons que nous avons 70 jeunes qui sont partis en Syrie. Soixante-dix jeunes partis en Syrie ? Là où François Hollande et Le Drian, son ministre de la guerre, ont envoyé des armes de guerre destinées à soutenir des rebelles dits modérés ? (source)

(15) manifestations vendredi dernier, à proximité des locaux de Charlie Hebdo. Il nous avait semblé que les "manifestations" à proximité des locaux de Charlie Hebdo étaient en fait une tentative d'y mettre le feu de la part d'un ressortissant pakistanais.

(16) l'islam est une religion qui vit une crise aujourd'hui. Ah bon ? L'Islam et seulement l'Islam ? Sinon, l'auteur de ce discours a-t-il jamais entendu parler de l'Hégire ? Ou de la scission qui a conduit à l'émergence du chiisme, pour n'évoquer que ces deux crises de l'Islam ? 

Par parenthèse, les deux principales obédiences de l'Islam sont le Sunnisme et le Chiisme. Bizarrement, il n'est jamais question que de l'ISLAM, comme si TOUS les musulmans étaient concernés par le désordre ambiant, alors que les problèmes, s'ils existent, émanent à 99,99%, de SUNNITES !

Et dire qu'il suffirait de remplacer "islamiste" par "sunnite" !

(17) notre amie, la Tunisie, pour ne citer que cet exemple. Il y a 30 ans, la situation était radicalement différente dans l'application de cette religion. Il est vrai que la Tunisie a connu quelques attentats violents et meurtriers. Il nous avait semblé que les problèmes récents de la Tunisie étaient liés à une transition démocratique laborieuse consécutive à la fin de la dictature de Ben Ali !

(18) le projet de califat territorial contre lequel nous avons lutté au Levant, contre lequel nous luttons au Sahel. "Nous avons lutté ?" Faut-il en déduire que "nous ne luttons  plus" ? Quant au Sahel, l'auteur de ces paroles veut-il nous faire ignorer le coup de pouce apporté par l'OTAN à AQMI en Afrique du Nord durant l'agression perpétrée contre la Libye en 2011 ?

Source 
En bon français : "comment les armes fournies aux marionnettes libyennes baptisées "révolutionnaires" par la coalition criminelle formée autour de l'Otan et de pétromonarchies arabes ont afflué en Syrie.".

Se servir de soi-disant "djihadistes" comme de marionnettes, façon cheval de Troie, pour interférer durablement dans les affaires du Proche-Moyen-Orient, telle était la stratégie des États-Unis et de leurs laquais regroupés dans le cadre de l'OTAN, stratégie que plus grand monde ne conteste !

Voyez les déclarations du candidat républicain lors de la campagne présidentielle de 2016 : Obama et Clinton ont une responsabilité dans la création de l'État dit islamique.

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Voyez les déclarations de la députée Tulsi-Gabbard, de la Chambre américaine des Représentants :
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"We have spent trillions of dollars on regime change wars in the Middle East while communities like Hawaiʻi face a severe lack of affordable housing, aging infrastructure, the need to invest in education, health care, and so much more." 
"Nous avons dépensé des milliards de dollars dans des guerres visant à des changements de régime au Moyen-Orient, alors que des communautés comme Hawaiʻi sont confrontées à une grave pénurie de logements abordables, à des infrastructures vieillissantes, à la nécessité d'investir dans l'éducation, les soins médicaux et bien d'autres choses encore". 

Et que dire de cette déclaration tonitruante de Julian Assange (Clinton et Daesh financés par l'Arabie Saoudite et le Qatar) ?

Source
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Le financement du terrorisme et les Clinton. Il faut croire que cette dernière savait ce que d'autres savaient, puisqu'en 2016, en marge de la campagne électorale, elle a publié des mémoires dans lesquelles, à titre préventif, elle fait une déclaration commençant par ces mots : "We have funded ..." ; "nous (Occidentaux) avons financé des gens que, plus tard, nous avons dû combattre dès lors qu'ils étaient devenus nos pires ennemis."

Technique classique de l'impérialisme moderne : se fabriquer des ennemis, en les sponsorisant dans un premier temps (cf. les missiles Stinger fournis aux Taliban dans leur lutte contre les Soviétiques en Afghanistan), pour ensuite leur faire la guerre, le tout au plus grand profit du lobby militaro-industriel, lequel s'est copieusement enrichi durant les guerres de Corée, du Vietnam, puis en Afghanistan, Irak, Libye...

La machine militaro-industrielle parrainée par l'OTAN a besoin de guerres pour justifier le maintien de ses énormes budgets. Autrefois, il y avait l'Union Soviétique et le Pacte de Varsovie qui servaient d'épouvantails. Sauf que, par la "faute" de Gorbatchev, le bloc soviétique a disparu. L'OTAN aurait dû disparaître elle aussi au début des années 1990. Mais l'OTAN est toujours là, sans la moindre justification. Du coup, il fallait dare-dare s'inventer de nouveaux ennemis. Les "djihadistes" allaient pouvoir combler cette lacune. Voilà qui vous explique pourquoi cette pseudo-croisade contre le terrorisme n'a commencé qu'après la dissolution du bloc communiste.

Il faut vraiment prendre les gens pour des cons pour continuer de nous faire croire que l'on lutte contre je ne sais quel califat au Levant, alors même que ce sont les États-Unis et leur bras armé : l'organisation criminelle baptisée OTAN, composée de laquais au sein desquels la France figure en très bonne place, qui ont installé durablement AQMI en Afrique du Nord en 2011, afin d'y créer un désordre permanent susceptible de justifier des interventions militaires tout aussi permanentes de la part des pompiers-pyromanes évoqués plus haut.

Et comme démonstration spectaculaire de tout ce qui précède, voilà que les missiles gracieusement fournis par les Américains à leurs marionnettes afghanes se retournent contre les envoyeurs, façon boomerang !

Source

En Afghanistan même, les populations semblent ne plus se faire d'illusions sur le rôle nocif des occupants occidentaux (source).
 
On résume ? 

Le soi-disant djihadisme que d'aucuns prétendent combattre, en envahissant plein d'autres pays, y compris moyennant la violation des règles du droit international (voyez les Américains et leurs laquais en Syrie-Irak !) est apparu après l'effondrement du bloc soviétique, lequel effondrement aurait dû se traduire par la dissolution concomitante de l'alter ego occidental : l'OTAN. Or, quoi de mieux que l'invention d'un nouveau péril planétaire pour remplacer l'URSS et justifier la pérennité de cette organisation criminelle qu'est l'OTAN ?

Nos soi-disant "islamistes", "séparatistes", "djihadistes"..., tous sunnites (comme preuve que les sponsors du terrorisme international ne sont pas en Iran !) ne sont que des pions, des faire-valoir, des marionnettes, de la chair à canon. Et comme ils sont stupides et exaltés, ces neuneus ne voient même pas qu'ils sont manipulés à distance. Mais peut-être le savent-ils, en tout cas leurs chefs, qui doivent avoir des comptes en banque bien obèses.

Les soi-disant djihadistes ne sont que les alliés objectifs (= exécuteurs des basses œuvres ; cf. Bin Laden et la CIA)  de la clique impérialiste regroupée au sein de l'OTAN ; il suffit, pour s'en convaincre, de voir quels pays (arabes) sont expressément ciblés par ce pseudo-djihad ! (ii)

Autant dire que la logorrhée autour du péril islamiste n'est que du bla-bla juste bon pour endormir les gogos.

À l'instar de ce que l'on retrouve partout où il y a des richesses à piller (Congo, Soudan, Sahel, Levant...), en République Centrafricaine, c'est le bois qui intéresse les prédateurs... occidentaux, qui financent les milices dans une pseudo-guerre entre chrétiens et musulmans.


(i) Ma conviction est qu'aucune loi ne sera votée par le Parlement français et soumise au Conseil Constitutionnel, ciblant expressément une communauté ou un groupe religieux. Question d'égalité des citoyens devant la loi. Par conséquent, il n'y a aucune chance qu'une formule du type "séparatisme islamique ou islamiste" figure dans quelque loi que ce soit dans ce qui est encore la République française ! Alors, pourquoi ce mauvais discours ? Il faudra penser à poser la question à l'intéressé !

Cela dit, il existe au moins une loi française - et particulièrement scélérate ! - ayant échappé à la sagacité des Sages du Conseil Constitutionnel : la fameuse loi sur les signes de... religieuse de 2004. Pourquoi loi scélérate ? Parce que qu'elle fait des chefs d'établissements scolaires des experts en matière de reconnaissance de signes relevant de religions qui leur sont, en principe, étrangères. En effet, un quidam d'une religion donnée, voire sans religion, ne peut pas s'ériger en expert de signes religieux auxquels il ne connaît rien. Or c'est pourtant ce qu'institue la  fameuse loi de 2004 ! Un joli tour de passe-passe a eu lieu lors du vote de la loi, qui a vu la droite au pouvoir proposer un amendement de dernière minute au parti socialiste en échange de la non-saisine du Conseil Constitutionnel. Une loi scélérate, donc, concoctée par des gredins et votée par des poules mouillées.

(ii) Libye, Syrie, Irak, des États laïcs. Pendant ce temps, des pétro-monarchies ultra-corrompues continuent de se la couler douce, protégées qu'elles sont par une myriade de bases de l'OTAN. On a vu le cimentier français Lafarge amasser du blé en Irak-Syrie avec la complicité des marionnettes de Daesh. On voit aujourd'hui les Américains et leurs laquais de l'OTAN occupés à piller le pétrole syrien, auquel ils ont pu accéder grâce à leurs marionnettes soi-disant djihadistes, le tout en violation flagrante des règles du droit international.

Les Africains ont compris depuis longtemps qu'une petite insurrection régionale comme Boko Haram n'avait pas les moyens (dans quel intérêt ?) d'ouvrir autant de fronts simultanés sur des milliers de kilomètres (Nigeria, Tchad, Niger, Cameroun...), enlevant des centaines d'écolières dans ce qui a dû être une noria de camions et sans que le moindre satellite espion ne parvienne à les localiser, échappant aux embuscades gouvernementales, dont ils connaissent les positions, qui leur sont communiquées par qui ?

Printemps 2011 à Bamako, quelques semaines avant l'agression de l'OTAN en Libye. Des heures durant, une gigantesque manifestation a traversé la ville, les maliens étant parfaitement conscients de ce qui se tramait. La suite leur a donné raison. Il reste au peuple malien - et à d'autres, en Afrique - à fournir encore un petit effort, en virant de leurs pays les pompiers-pyromanes qui les ont plongés dans la merde actuelle dans le seul et unique but de les maintenir sous domination coloniale perpétuelle.


Lectures :  01 - 02 - 03 - 04 - 05 - 06

 

Nota bene : pour ceux qui lisent l'anglais, voir le lien n°6 ci-dessus. Article rédigé après de récents attentats en France et en Autriche (octobre-novembre 2020). Il y est question d'un effet boomerang, avec des marionnettes de l'OTAN (dont l'Autriche ne fait pourtant pas partie)  se retournant contre leurs anciens manipulateurs, version moderne des aventures du Docteur Frankenstein !

Extrait : 

British Prime Minister Margaret Thatcher started financing the Afghan Mujahedeen and "Islamic resistance" to fight against the USSR in the early 1980s, Vereycken recollects, referring to top secret UK documents declassified in December 2010. The documents demonstrated that London and Washington were actively providing military aid to the Mujahedeen during the USSR's military campaign in Afghanistan. The countries encouraged a continued guerrilla resistance to "make it costly for the Soviet Union" and kept the Islamic world stirred up over the Soviet Afghan operation. 

  

Extrait du forum :

Who are we kidding. These muslim organisations trives on money and weapons coming from Nato countries , Saudi Arabia and it's satellites. Muslim brotherhood moved from Cairo to Ankara where Erdogan is a top figure. Every secret service in the world knows that and yet nothing is done to correct it. When a Yemenite is litteraly bombed to the stone age, who do you think he blames ? only Saudi Arabia ? Nope he blames the countries that supply the bombs and the hardware. When you sow death, you should expect harvesting death. Saudis among other should be held accountable along with NATO alliance. The US should keep it's military might away from war theaters and especially not start a war it's incapable of finishing. 20 years later at the cost of 6 trillion dollars, Afghanistan is still in turmoil. Nothing changed. Assad is still in power after god knows how many trillions spent, not to mention an unlawful presence in Syria. That money could have been spent more wisely in American industry and health care, jobs social security. . Build new roads, repair those in bad shape, build bridges, anticipate catastrophies, like bad weather, pandemics and such. You don't have to be a genious to see it. Once, everybody looked up at the US as being the beacon of hope and of future. Nowadays they look at the US as being warmongers and bullies. It's a shame.