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jeudi 25 juillet 2019

Retour sur les dernières élections européennes 2/3


Épisode §2. Si ce n'est toi, c'est donc ton frère !

C'était le rêve de Jean-Luc Mélenchon : poursuivre sur sa lancée de la présidentielle par une démonstration de force aux élections européennes en écrasant les autres partis de gauche, réduits à l'état de groupuscules. Dans l'esprit du chef de file de la France insoumise (LFI), le vote de ce dimanche 26 mai 2019 devait finir de régler la question à gauche de l'échiquier, poussant socialistes, communistes, écolos et pièces rapportées à se ranger derrière son panache dans l'optique des municipales, voire de 2022.

A l'heure des résultats, le pari est raté dans les grandes largeurs : non seulement les Insoumis ont divisé leur score de la présidentielle par plus de deux, totalisant seulement 6,31% des suffrages selon les résultats définitifs et égarant plus de 5 millions d'électeurs, mais ils ont de surcroît été dépassés par Europe Ecologie-Les Verts (EELV)... et se retrouvent même au coude-à-coude avec le Parti socialiste (6,2%), pourtant largement distancé en 2017 ! La liste conduite par Yannick Jadot, qui a bénéficié à plein de "l'effet européennes" traditionnellement favorable aux écologistes et d'une montée en puissance des préoccupations liées au dérèglement climatique, termine avec un score de 13,47%, quasiment le double de celui de LFI après une campagne menée en direction des électeurs de centre-gauche. Les Insoumis se retrouvent dans l'incapacité de clamer leur suprématie sur le reste de la gauche. (Source)

Lu dans le journal (en ligne):

Au ministère de la Culture, Françoise Nyssen, éditrice et dirigeante de la maison Actes Sud fondée par son père, a été accusée par Jean-Luc Mélenchon sur BFM TV — lui-même a été initié — d’être « plus ou moins liée aux sectes ». Qu’a-t-il voulu dire ? La ministre est anthroposophe, philosophie développée par Rudolf Steiner à la fin du XIXe siècle, tournée vers l’homme, son environnement naturel et surnaturel. Des références bien maçonniques. (Source)

Autre source :
Jean-Luc Mélenchon faisait l'objet d'une demande de suspension de la franc-maçonnerie en raison de sa mise en examen pour "actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique". La justice maçonnique a finalement choisi d’abandonner les poursuites.

Jean-Luc Mélenchon reste franc-maçon. Une quarantaine de frères ont fait pression sur la direction du Grand Orient de France, la plus ancienne obédience maçonnique française, pour exclure le leader de la France insoumise en raison de l'ouverture d'une enquête préliminaire visant le député des Bouches-du-Rhône pour "actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique".

Selon le journal L'Express, la Chambre suprême de justice maçonnique (CSJM) a jugé mercredi 28 que la demande faite par le conseil de l'Ordre du Grand Orient d'exclure Jean-Luc Mélenchon était irrecevable, abandonnant tout examen de la "plainte".

Le quotidien précise que "selon nos informations, les juges maçonniques, objets de multiples pressions internes, n'auraient pas osé se plonger dans le dossier hautement sensible". Et d'ajouter: "La publicité faite autour de cette «plainte» a probablement influencé ceux qui ont décidé de ne pas y donner suite".
(Source)
Source

Que Jean-Luc Mélenchon soit un honorable sociétaire de telle confrérie ou autre société secrète - Tiens ! On reparlait récemment de l'Ordre du Temple Solaire à la télévision... - ne doit être qu'un secret de Polichinelle, puisque, moi-même, j'en avais été informé depuis fort longtemps. Et si je suis bien informé, un nombre conséquent de personnages politiques français sont/ont été aussi membres de ladite Franc-maçonnerie (1).

Question : lorsqu'ils se croisent, par exemple, dans de sombres alcôves, lors de telle ou telle cérémonie maçonnique, est-ce que Jean-Luc Mélenchon et, par exemple, Alexandre Benalla, se claquent la bise ? 

Même observation concernant l'immonde dictateur (pléonasme !) congolais, Denis Sassou-Ngesso, ou encore la marionnette vénézuelienne Juan Guaidó : est-ce que, là encore, Mélenchon claque des bises à Sassou et Guaidó ? Ou s'ignorent-ils ostensiblement ? Mais les membres d'une confrérie se croisant dans d'obscures alcôves peuvent-ils s'ignorer ostensiblement ?



Vous pensez que le questionnement n'a aucun intérêt ? Vraiment ? Parce que vous pensez qu'il est anodin de voir - éventuellement - un ministre, membre d'un gouvernement  de droite et un de ses principaux opposants se taper dessus à l'Assemblée Nationale ou à travers les média, tout en se claquant des bises dans le secret des alcôves d'une société secrète ?

Entre nous, comment ne pas voir qu'il y a de la duplicité à accuser ouvertement Françoise Nyssen de subordination aux sectes, alors que, soi-même, on en fait partie ? Et ça c'est tout le problème de Jean-Luc Mélenchon, cet ex-sénateur socialiste reconverti barbudo façon Fidel Castro, enfin, n'exagérons rien ! Fidel Castro, lui, a bel et bien pris le maquis et rallié la Sierra Maestra !

S'agissant de la Françafrique, impliquant jusqu'au cou quelques dictateurs comme Sassou-Ngesso, la fraternité de fait unissant Mélenchon et les dictateurs africains, dont un bon nombre sont des Franc-maçons patentés, ne pose-t-elle pas problème ?


Quant au Vénézuela, ai-je besoin d'insister sur le rôle évident des Etats-Unis, entendez la CIA, sur les problèmes actuels frappant le pays de Maduro ?

En clair, quel est le bon Mélenchon ? Celui qui claque éventuellement des bises à Sassou-Ngesso ou Juan Guaidó, ou celui qui tape à bras raccourcis sur les mêmes, dans un rôle de Robespierre qu'il s'est découvert bien tardivement - cf. "Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas !" - et auquel, pour ma part, je n'ai jamais cru ?

Quand j'écrivais tantôt que mon problème, avec Manon Aubry, s'appellait Mélenchon, c'est notamment à tout ce qui précède que je pensais.

Le fait est que je n'ai jamais cru en Mélenchon déguisé en sauveur de la Gauche, et surtout pas depuis son ralliement à l'agression néo-coloniale de l'OTAN en Libye !

Ajoutez à cela l'OPA sur le Parti Communiste, qui se mord les doigts depuis ; l'infortuné Pierre Laurent l'a payé cash devant les militants. On pense ce qu'on veut du PCF, mais il faut bien se rendre à l'évidence : en matière de décolonisation, par exemple, les communistes français ont été bien plus intègres et plus cohérents que tous leurs partenaires de ladite "gauche française". Pensons seulement à François Mitterrand ministre de l'Intérieur sous la IVème République !

Le fait est qu'il n'y a plus d'élus communistes au Parlement Européen, et Jean-Luc Mélenchon est le principal responsable de la chose, dès lors que cet homme est et reste un bonapartiste - c'est-à-dire un hégémoniste - convaincu (Moi et les larbins), et ce, malgré tout le prêchi-prêcha autour de la Sixième République ! Le bilan de l'agitation de Mélenchon, depuis un bon quart de siècle maintenant, c'est un affaiblissement global de la Gauche.



Alors, ces élections européennes ? Une gauche unie aurait permis d'intégrer bien plus de monde, en évitant la déperdition des voix, notamment celles glanées par un Ian Brossat qui n'a pas démérité. Mais bon, après cinq années de n'importe quoi incarné par François Hollande, et malgré les Gilets Jaunes - ennemis jurés de socialistes farouchement attachés au bonapartisme gaulliste -, il va sans dire que, pour une Gauche rassemblée, la remontée de la pente ne sera pas une partie de plaisir.

Ce qui ne rend que plus valeureuse la démarche d'une Clémentine Autain, doublement méritante, dès lors que 1) Contrairement à d'autres, elle entend exprimer ses désaccords ouvertement, et sans quitter le navire, et que 2) Elle au moins a compris le caractère éminemment conjoncturel du "phénomène" Mélenchon et, par voie de conséquence, l'absolue nécessité de passer à autre chose.

Mais le problème pour Clémentine Autain et d'autres à gauche - en clair, pour les vrais insoumis -, ne serait-il pas d'être passés à côté du mouvement des Gilets Jaunes, lesquels, quoi qu'en pensent les instituts de sondages, ont sur les partis politiques l'avantage d'être une force directement issue du peuple, donc peu encline aux soubresauts médiatico-bureaucratiques ou sondagiers ?

Or, face à l'effondrement et au discrédit des appareils politiques, notamment à gauche - cf. la calamiteuse parenthèse de François Hollande -, rebâtir un puissant mouvement populaire est inimaginable sans de solides fondations s'enracinant, précisément, dans les masses populaires. 

Et puisque l'insoumise Clémentine Autain - dont le parcours d'obstacles entamé au sein des Insoumis mérite qu'on s'y intéresse - est une adepte du big bang, je lui suggérerais volontiers une métaphore tirée de la géologie et du volcanisme : même si les cratères se trouvent généralement au sommet des montagnes, les éruptions volcaniques, elles,  viennent toujours d'en bas, jamais d'en haut !



(1) Dans une vie antérieure, je fus autoentrepreneur, spécialisé dans la microédition (+ rewriting, traduction...), et je me souviens fort bien d'un mémoire de DEA (aujourd'hui, on dit 'Master 2') que m'avait confié pour correction un étudiant en histoire ; le thème était la Franc-maçonnerie sous la IIIème République. Ce texte doit encore dormir dans un disque dur de mes nombreux ordinateurs. J'y ai appris que, du temps d'un Paul Doumer, par exemple, pas loin voire plus du tiers d'un gouvernement pouvait être affilié à la F.M. 

Lire : Le 4 septembre 1870, la République est proclamée et un « gouvernement de Défense nationale » formé – sur douze membres, il comprend neuf francs-maçons du Grand Orient de France et de la Grande Loge de France. Menant son récit tambour battant depuis la chute du Second Empire et la naissance de la République jusqu’aux dernières élections présidentielles de mai 2012, l’auteur rappelle que « l’action principale du Grand Orient de France consistait à consolider le régime républicain qu’il considérait comme son œuvre » - c’est ce que l’un de ses dirigeants avait proclamé lors du convent de l’obédience en 1887 : « Ce sont les maçons, ce sont les loges qui ont fait la République ».

Pour l’historien qui s’appuie sur une riche documentation, le doute n’est pas de mise : « Il appert nettement que, tout en se défendant de faire de la politique, les francs-maçons de la IIIe République étaient en réalité totalement engagés dans la politique, allant même à s’identifier comme les gardiens de la République, en plus clair : les gardiens du régime en place ». (Source)




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vendredi 31 mars 2017

France. Présidentielle 2017. Revue de presse (1)

Je crois vous avoir avoué être en train d'accumuler des archives pour l'élaboration d'un futur travail universitaire !

En voici une - écrite -, que je reproduis in extenso, y compris les fautes d'orthographe et les bourdes syntaxiques, car elles font aussi partie du futur travail d'analyse.

Ce qui m'amuse, ici, c'est la fascination de nos "grands" experts en politique, ceux et celles que j'appelle des "politocrates". Le problème, avec ces pseudo-experts, c'est qu'ils font mine d'analyser des choses, alors qu'ils n'analysent rien du tout, se contentant de paraphraser des sondages.

Soit dit en passant, s'agissant de rapport de force, quelqu'un peut-il me rappeler quels sont les effectifs actuels des "mélenchoniens" et des socialistes à l'Assemblée Nationale ?



Archive (Source)


Il reste une solution à Benoit Hamon, pour être un héros de la gauche; il suffirait qu’il constate de lui-même la vanité de sa candidature, et s’en aille, triomphant de sacrifice, embrasser Jean-Luc Mélenchon en son prochain meeting, lui apportant sa foi et le socialisme dans ce qu’il garde de dignité. Se désister donc, en faire une dynamique, aider Mélenchon à aller au bout de leur aventure, aussi loin que possible, et relever un mot sali par le pouvoir et ceux qui l’ont exercé. Il n’en prend pas le chemin. Hier, Hamon communiait à Lille dans sa dignité blessée, se consolant de l’indifférence populaire en faisant fustiger les traitres. Hamon ne parlait pas de la gauche, malgré les apparences, mais parlait de lui, ou de la boutique, le parti socialiste, et se faisait du bien. Être Saint-Sébastien criblé de flèches peut sembler douloureux? C’est une réassurance narcissique.
La transhumance vallsienne confirme ce que Hamon pensait depuis si longtemps, et son amie Martine Aubry, hôtesse d’un soir, avec lui: que Valls ne méritait pas d’être du Parti socialiste. Ils le savaient. Ils l’avaient dit. Ils avaient raison. Raison d’avoir voulu l’exclure, c’était en 2009, raison de l’avoir contesté, inlassablement, dans son exercice du pouvoir. Valls leur offrait la confirmation de leur inimitié, et une clarification. Enfin, le PS s’épurait des agents de la trahison. Enfin entre nous, les vrais, les purs. Enfin seuls? 
Le temps des illusions
Mais cette solitude n’intéresse personne qu’eux-même. Benoit Hamon s’illusionne s’il pense qu’elle changera son destin. Hier encore, il a proposé aux gauches, à Mélenchon, au PC, de se ranger derrière lui, puisque Valls avait trahi, puisque la droite socialiste fuyait; il n’y avait plus de raison, plus de prétexte, pour ne pas le soutenir! Mélenchon l’a envoyé paître. Il a raison, le bougre! Car enfin, s’il doit y avoir retrait d’un candidat en trop, pour la vraie gauche fasse bonne figure, pourquoi lui? Pourquoi Hamon resterait-il en lice au nom des refus communs? Parce qu’il est socialiste? Parce que sa candidature, dit Hamon, est «centrale», et donc capable, pour peu qu’on l’épaulât, d’aller au bout du chemin? Allons donc.
Hamon est étonnant. Il rompt avec la ploutocratie de son camp, mais en conserve l’insupportable orgueil. Ce qu’on lui a fait en son parti, il le reproduit. Les Valls et consors considèrent que la ligne de gauche est illégitime à représenter le socialisme, et préfèrent trahir que la cautionner? Mais Hamon considère que seul son Parti socialiste est apte à emmener les gauches, parce qu’il serait central, comprenez modéré, moins outrageusement à gauche! Hamon est à Mélenchon ce que lui est Valls -jusqu’à l’inélégance du procédé. Déchirer les engagements de la primaire, ou considérer que seul son courant mérite la lumière électorale participe d’une même conception -orgueilleuse, autocentrée, ignorante de la dignité des autres- de la politique.
Accordons à Hamon qu’il est encore immune de la griserie des campagnes, qu’il ne se prend pas pour l’homme providentiel? Etre le premier, le seul capable, celui qui mérite le sacrifice des autres? Admettons. Seul l’esprit de Parti, alors, l’anime. La supériorité intrinsèque du Parti socialiste, a fortiori épuré de fait, ce parti qu’il veut régénérer de ressourcement et d’utopie, dont il est la dernière carte à ce jour; ce PS dont il est l’enfant, qu’il n’a jamais quitté, contrairement à Mélenchon, autrefois l’un d’entre eux, peut-être le meilleur. Ce PS qui pense représenter «toutes les gauches», ainsi, depuis les années Mitterrand, depuis qu’en 1965 et en 1974, un vétéran du centre gauche, devenu socialiste lamartinien, affrontait le scrutin présidentiel au nom de tous…
Evidemment, un socialiste.
Evidemment? 
La sympathie, la justice, l’honnêteté face à la réalité
Il faut grandir enfin! L’époque est révolue de la superbe rose. L’idée que spontanément, le leadership devrait revenir à un homme de Solférino est une idiotie datée; ce ne fut, d’ailleurs, pas si simple. Quand le PC, en 1969, dépêchait devant le peuple un rond kominternien autrefois apprenti pâtissier, Jacques Duclos, il taillait des croupières au socialiste Defferre, scotché à 5% contre 21,27% au communiste,  dans une dialectique roulant joliment les R: Duclos était des Hautes-Pyrénées. Nous y sommes à nouveau. Le socialisme ne peut pas prétendre dominer si tranquillement la gauche piquante. Hamon ne fait pas le poids, en épaisseur, en dimension, en équation, face à Mélenchon. Il est de trop dans cette histoire. Il ne peut y contribuer qu’en s’oubliant. C’est ainsi. On ne parle pas ici de sondages, on se moque des sondages. On ne dit pas que c’est juste. Ça ne l’est pas sans doute, pour Hamon notamment, qui voudrait relever une idée et un parti, qui réintroduit aussi bien une tradition sociale que le parfum des utopies, sérieuses, et fait pour cela penser, parfois, à la raideur de Rocard jeune, ce techno rouge qui se présentait en 1969, outrageusement marxo-sympathique… Il fit, alors, moins de 4%.
La sympathie, la justice, l’honnêteté, ne sont rien face à la réalité. Le PS n’y est plus, et son candidat ne peut rien obtenir, sinon le pardon, et l’acceptation de son retrait. C’est ainsi. C’est vrai. Mélenchon est inflexible et le PS est démonétisé. C’est la politique du PS français qui a fait obstacle aux générosités chrétiennes de Madame Merkel; c’est le PS qui a rendu les armes idéologiques au Medef; c’est le PS qui… Ny revenons pas. Hamon s’y opposait? Sans aucun doute. C’est même pour cela qu’il a gagné la primaire, pour chasser du jeu les années Valls-Hollande… Mais de là à le choisir, lui, le socialiste, comme unique acteur de la gauche…. Un socialiste, enfin! De la même manière qu’il exigeait de Valls un soutient incongru à sa tentative, Hamon doit assumer ce qui fut fait en son nom, au nom de son parti; comprendre en tous cas que l’embellie de la primaire n’efface pas l’héritage collectif. Guy Mollet avait envoyé toute la SFIO faire la guerre en Algérie, et toute la SFIO le paya, longtemps, les réfractaires inclus; les plus purs partirent alors fonder un autre socialisme, pur celui-là: Hamon a préféré la reconquête intérieure. Bien sûr. Mais il doit admettre que son succès ne change rien, et qu’il a été, lui aussi, pollué de pouvoir et de hollandisme, cet art d’étouffer la dialectique. Il en est. Il n’est pas parti. Le PS reste ce lieu étrange, où fermentèrent la haine et la posture, les oublis, les tristesses, et cela interdit, au fond, qu’Hamon ose espérer. Il ressemble à ce chaudron du malheur, quand il voudrait parler d’avenir. Sa campagne vire, dans l’adversité, à un étalage d’aigreurs et d’attaques, contre Fillon, Macron, cet homme d’argent, Mélenchon, Valls désormais… Hamon en perd ce qui faisait son prix: pouvoir, peut-être, incarner une vie nouvelle. N’aura-t-il été que l’instrument de la vengeance populaire contre Valls et les siens? On arrive parfois au mauvais moment…
Se souvenir de la SFIO
Hamon, en s’accrochant, n’est qu’un homme de l’appareil; il maintient sa candidature pour préserver les positions, la marque, l’existence d’un parti atteint physiquement, sous Hollande, autant que moralement, dans la perte de ses fiefs. Il est là pour la famille. C’est licite. Mais c’est maladroit et, pour la Présidentielle, cela ne suffit pas. S’il renonçait, Hamon épargnerait au socialisme la honte d’une défaite; il pourrait plus vite se consacrer à la reconstruction du mot et du parti, travailler pour demain, tandis que Mélenchon jouirait de la lumière; il s’abriterait derrière le vieux guerrier pour retravailler la matière politique; il s’investirait dans les législatives, cette catastrophe annoncée. Il servirait mieux sa cause qu’en se proclamant le rassembleur d’une gauche qui n’en a que faire. Il y a bien longtemps, vers 1962, les socialistes de la SFIO qui n’était qu’une formation vermoulue, dénigrée, épuisée d’avoir trop trahi, acceptèrent la disgrâce et entreprirent de discuter et d’agir avec le PC, ce frère ennemi communiste ancré dans ses certitudes, son lien avec l’URSS et sa dénonciation du capitalisme prospère des années soixante. Le PC était fort et la SFIO minuscule. Il fallait le faire. Cela n’avait rien de naturel ni d’évident.

On en est, aujourd’hui, au même point, politiquement. Le PS sort de Hollande sans unité, ni âme, ni doctrine, ni musique. Il peut glaner quelques forces en renonçant à la puissance, un moment. Ces socialistes qui plient ou plieront le genou devant Macron sont des militants logiques. Les plus farouches des socialistes devraient suivre cet exemple, et se soumettre à leur tour, à d’autres, à un autre. Aller au prochain meeting de Mélenchon, monter à la tribune, l’embrasser, lui offrir sa foi et le socialisme dans sa dignité restante, et reconstruire, ayant accepté son sort. Reconstruire, après avoir renoncé.


samedi 25 mars 2017

France. Présidentielle 2017. Retour sur un débat. Episode 2


Il y a eu, donc, ce premier débat contradictoire entre candidats à la présidence de la République française, et comme je l'indiquais au chapitre précédent, je me suis vu dans la position du spectateur d'un télé-crochet, invité à taper '1', '2' ou '3' pour sélectionner le/la candidat(e) à éliminer de la suite de la compétition.

Mon choix s'est, donc, porté sur Emmanuel Macron, dont j'ai lu, dernièrement, qu'il aurait gagné des points dans les sondages à la suite de ce premier débat.

Et là, je vous avoue tomber des nues !

Par parenthèse, dans le précédent chapitre, j'ai vivement critiqué la position assez inconsistante que j'estime être celle de Marine Le Pen, en raison de ce que je pense être un impair magistral consistant à hisser au même niveau le port d'éléments vestimentaires par des femmes tout à fait inoffensives, par ailleurs, d'une part, et les attaques au couteau, à la hache voire à la kalachnikov, perpétrées ça et là par des barbouzes n'affichant aucun signe d'appartenance religieuse, d'autre part.

Mais, comme je l'ai signalé également tantôt, j'ai préservé Marine Le Pen de toute élimination prématurée, et à cela, il y a, notamment, une raison importante, à savoir sa réactivité, ce qui est, forcément, la marque d'une vivacité d'esprit tout à fait remarquable.

Le fait est que Le Pen a été la seule des protagonistes du débat de l'autre jour à avoir spontanément relevé les prodigieuses incohérences contenues dans le discours d'Emmanuel Macron.

Petit retour en arrière, sur ce même blog, il y a quelque temps, je commentais trois meetings tenus le même jour, à Lyon (Mélenchon, Macron, Le Pen), et je vous avouais humblement que je n'avais pas eu la force d'écouter Emmanuel Macron plus de dix minutes, tant son discours sonnait creux.

Démonstration avec ce qui va suivre. Précision utile : je suis un très bon dactylographe, ce qui m'a permis de transcrire une bonne partie de la bande son du débat du 20 mars 2017 sur la chaîne française TF1.

Nous sommes dans la dernière demi-heure du débat ; il est plus précisément question de politique internationale, lorsque la journaliste Anne-Claire Coudray va relancer le débat, à la suite d'une intervention de François Fillon.

(Protagonistes : Journalistes : A.C.C./Anne-Claire Coudray, G.B./Gilles Bouleau - Débatteurs : F.F./François Fillon, B.H./Benoît Hamon, M.L.P./Marine Le Pen, E.M./Emmanuel Macron, J.L.M./Jean-Luc Mélenchon)


Verbatim
A.C.C. Merci beaucoup monsieur Fillon. Justement, vous évoquiez le président américain ; Emmanuel Macron, si vous êtes élu président, dès la fin mai, au G7, vous allez rencontrer Donald Trump, quelle est l’attitude qu’il faut avoir face à un président aussi imprévisible ? 
E.M. Je vais dire deux choses : la première, il y a eu un manque dans notre débat. 
A.C. C. Il y en a eu beaucoup d’autres !

F.F. On n’a pas parlé d’Europe.
 
E.M.  Il y en a eus beaucoup. Mais il y en a un… On a peu parlé d’Europe, très peu, et ce manque est important ; on a peu parlé aussi de finances publiques… 
A.C.C. Parce que vous avez pris du temps de parole pour autre chose… 
E.M. J’ai des désaccords avec François Fillon, on les a exprimés. Mais je pense, sans trahir les autres candidatures, que nous sommes les deux candidats à avoir au moins cherché à faire ce qu’on appelle un bouclage financier... 
M.L.P. D’austérité ! 
E.M. … c'est-à-dire à essayer de dire où est-ce qu’on fait des économies, où est-ce qu’il y a des dépenses à couper,  et… voilà, quel est le chemin de responsabilité  et je suis le seul candidat qui se conforme dès le début à nos engagements européens, parce que, on peut être pour l’Europe, m’enfin, messieurs-dame, ce sera notre désaccord cher Benoît Hamon, être pour l’Europe en disant : les règles sont pour les autres, les problèmes, c’est pour les autres, moi je suis européen quand ça m’arrange, non, et donc, il y a des règles qu’on doit respecter. Donc, je dis juste que c’est facile de faire des cadeaux, on a beaucoup parlé des cadeaux, sans doute trop, des promesses… 
J.L.M. Mais non, lisez mon chiffrage, monsieur Macron ! 
E.M. … on a envoyé des petits mots, mais on n’a pas été cohérents là-dessus, c’est un manque de notre débat. Moi j’ai un projet dont j’assume la cohérence ; il fallait en parler. Si on n’a pas un projet cohérent… 
J.L.M. Moi j’ai vingt milliards d’excédent dans mon chiffrage. 
E.M. Non, on n’est pas d’accord dessus je disais juste qu’on n’en a pas parlé, c’est tout. 
J.L.M. Peut-être bien, mais j’ai vingt milliards d’excédent dans mon chiffrage. 
(Brouhaha) 
A.C.C. Allez-y monsieur Macron. 
G. B. On s’éloigne beaucoup, beaucoup de Donald Trump, pardonnez-moi. 
E.M. Et donc, on a besoin pour cela d’Europe. J’aurai une position extrêmement simple : le mandat que m’aura donné le peuple français, c’est celui de défendre son indépendance et sa sécurité. 
M. L.P. Son indépendance ! 
E.M. Son indépendance et sa sécurité, oui madame Le Pen, parce que je défendrai et je défends l’indépendance de la France. Je la défends sur le plan économique, loin de vos grands rêves, avec un esprit de responsabilité, parce que j’en défends les intérêts et l’intérêt de toutes celles et tous ceux qui produisent et qui consomment, et j’en défends les intérêts sur le plan de la sécurité, et à cet égard, j’ai pris des engagements clairs, qui sont partagés par d’autres candidats, pour investir dans notre défense, pour tenir nos objectifs, pour garder notre neu-, notre autonomie. Mais j’inscrirai cette politique dans une feuille de route diplomatique. Le désaccord que j’aurai(s ?) avec certains c’est l’interventionnisme, qui a pu avoir lieu en Libye, ou ailleurs. Une feuille de route diplomatique, c’est ce qui guide la politique de la France. Une indépendance dans l’Europe, non pas pour s’y fondre, non pas pour s’y confondre… 
M.L.P. émet des sons. 
E.M. … mais pour construire des partenariats structurés, avec les Allemands en particulier… 
M.L.P. C’est vide, complètement vide ! 
EM. … (les Allemands) qui, en effet, doivent partager le fardeau, mais qui doivent nous aider à tenir en Afrique, au Proche et Moyen-Orient notre position. Et une indépendance parce que la priorité de ma politique, ne vous en déplaise, madame Le Pen, ce sera la sécurité des Français dans la lutte contre Daesh, dans la lutte à l’intérieur et à l’extérieur. Donc j’aurai cette politique de crédibilité, de continuité. L’indépendance avec les moyens, loin du chaos, loin de l’insulte à l’égard de l’Europe. Une politique de responsabilité parce que notre histoire… 
M.L.P. C’est incroyable ! 
E.M. … celle de la France et des Etats-Unis, c’est une histoire séculaire. Nous avons ensemble construit la paix dans le monde. Nous avons, ensemble, fait renaître, mais oui, on l’a fait, ne vous en déplaise, monsieur Mélenchon, on l’a fait, avec des alliances historiques, et à cet égard… 
F.F. Avec les Russes aussi, d’ailleurs… 
J.L.M. Avec les Russes, ben oui ! 
E.M.  Et parfois avec les Russes. Nous aurons là-dessus un désaccord. 
F.F. Avec un homme qui s’appelle Staline. 
E.M. Aujourd’hui, les Russes ne partagent pas, monsieur Fillon, c’est mon désaccord avec vous… 
F.F. À l’époque non plus, hein ! Staline ne partageait pas grand-chose avec nous non plus. 
E.M. Vous avez complètement raison, sauf qu’aujourd’hui, je ne construirai pas mon indépendance, comme vous le proposez, madame Le Pen, en allant me rapprocher de monsieur Poutine. Je la construirai avec les outils de cette indépendance… 
F.F. Il faut faire la paix avec la Russie. 
E.M. … avec une politique de responsabilité, avec une vraie politique européenne. Voilà. 
M.L.P. Vous savez quoi, monsieur Macron, vous avez un talent fou… 
A.C.C. Vous êtes trop en avance. 
M.L.P. …vous arrivez à parler sept minutes, je suis incapable de résumer votre pensée, vous n’avez rien dit ! 
E.M. Et j’ai encore parlé, madame Le Pen, j’ai encore parlé moins que vous ! C’est incroyable ! 
M.L.P. Rien dit ! C’est le vide absolu, sidéral ! J’attire l’attention des Français… Il faut qu’ils s’attachent à vérifier qu’à chaque fois que vous prenez la parole, vous dites un petit peu de ceci, un petit peu de cela et jamais vous ne tranchez. On ne sait pas ce que vous voulez… 
E.M. Mais madame Le Pen, je crois que… 
M.L.P. On ne sait pas ce que vous voulez, c’est très…, honnêtement je trouve ça très inquiétant. 
E.M. Mais si vous n’avez pas compris… 
M.L.P. Très inquiétant. 
E.M. … que comme vous, je ne veux pas pactiser avec monsieur Poutine, si vous n’avez pas compris que contrairement à vous, je veux une politique française forte mais responsable, c’est-à-dire pas la ruine, pas les dépenses qu’on ne sait pas financer… 
M.L.P. Ça ne veut rien dire, « forte mais responsable » ! Ça ne veut rien dire ! 
E.M. … quand vous aurez compris que comme, contrairement à vous, je propose d’avoir une France forte dans une Europe que j’assume pleinement, c’est notre grand désaccord. 
M.L.P. C’est de pire en pire. 
E.M. Eh oui, eh oui, mais c’est notre désaccord. Alors quand on n’est pas d’accord avec vous on peut être clair. C’est juste qu’on n’est pas d’accord… 
M.L.P. C’est pas clair du tout ! 
E.M. … il y a beaucoup de Français qui ne sont pas d’accord avec vous.
Fin (provisoire) du verbatim


Alors, vous avez tout compris ? Oui ? Non ?

Je vous avoue que j'ai lu, écouté, visionné des choses ici et là, après ce premier débat, sans qu'à aucun moment je ne tombe sur une analyse digne de ce nom, à croire que la France, le pays de Blaise Pascal, de Montesquieu, de Descartes, de Sartre..., manque de cerveaux capables d'analyser un discours politique. Il est vrai que nos soi-disant politologues ne sont plus que des politocrates - comme bureaucrates mais spécialisés en blablabli-blablabla politique - juste capables de paraphraser les sondages !

Et, comme preuve que les études supérieures - pas inférieures ! -, ça sert à quelque chose, je m'en vais, incessamment, expliquer à notre classe journalistico-politicarde ce qu'il y a de tout bonnement stupéfiant dans le discours de cette BAUDRUCHE nommée Emmanuel Macron.

Par parenthèse, avez-vous bien relevé la question initiale, posée par Anne-Claire Coudray à Emmanuel Macron ?

A-C. C. Merci beaucoup monsieur Fillon. Justement, vous évoquiez le président américain ; Emmanuel Macron, si vous êtes élu président, dès la fin mai, au G7, vous allez rencontrer Donald Trump, quelle est l’attitude qu’il faut avoir face à un président aussi imprévisible ?

Et maintenant, relisez bien la réponse, ou plutôt la tentative désespérée de Macron, de ne pas répondre à la question posée.  Je dois dire que, dès le début de la "réponse" de Macron, je me suis mis à entendre des "gloussements" dans le casque (audio) ; un très bon casque, au demeurant, permettant d'entendre jusqu'à la respiration des débatteurs. Et là, je réalise que l'auteur des "gloussements" n'est autre que Marine Le Pen, laquelle n'en croit pas ses oreilles et n'en finit pas de le manifester ("c'est pas croyable !", "mais ça ne veut rien dire !"). Mais, pour des raisons tant techniques que pratiques, il n'a pas été possible de transcrire toutes les interventions 'parasites' ayant accompagné le discours des uns et des autres.

La question ? Fin mai, au G7, vous rencontrez Donald Trump...

Et là, on a l'impression que le "jeune" Macron est comme pris de panique. Je ne suis pas un adepte de Freud - et ce d'autant moins que je l'ai longtemps étudié à la FAC, à Strasbourg -, mais j'imagine que les adeptes de la secte psychanalytique verront dans le comportement de Macron ce que l'autre appelait un "acte manqué".

C'est simple, Macron ne se voyait pas du tout dans la position d'un président français apparaissant, au prochain G7, aux côtés de six autres grands dirigeants du monde !

Pour le reste, examinez bien ma transcription, en la rapprochant de l'original sonore (Youtube). Je précise que l'on est dans la dernière demi-heure.

Et si, comme moi, vous avez quelques notions de linguistique, analysez bien les phrases d'Emmanuel Macron, sa technique d'évitement (ou comment ne pas répondre tout en donnant l'impression de répondre) ainsi que ses lapsus plutôt croustillants (cf. "comme vous/contrairement à vous").

On en reparle bientôt ?


À suivre...

vendredi 24 mars 2017

France. Présidentielle 2017. Retour sur un débat


Épisode 1

Ainsi, donc, l'autre lundi (20 mars 2017), la chaîne de télévision française (je dois toujours m'efforcer de tenir compte du fait que la majorité de mes visiteurs vivent à l'étranger !), TF1, organisait le premier débat contradictoire entre cinq candidats à la présidence de la République.

Je compte y revenir plus amplement plus tard. Mais, pour l'heure, qu'il me soit permis d'émettre une opinion basée sur les toutes premières impressions sur les prestations comparées des cinq impétrants.

Comment dire ? Disons que la culture du radio-crochet ou du concours (meilleur cuisinier, meilleur boucher, meilleur danseur, meilleur chanteur...) semble avoir envahi la totalité des chaînes de télévision à travers le monde. C'est ce qui m'a amené à imaginer un scénario inspiré de ces sélections du "meilleur ceci ou cela".

Et, en règle générale, cela se passe toujours de la même façon : à chaque édition, le moins bon des candidats est éliminé.



Précisément, après ce tout premier affrontement entre les soi-disant cinq principaux candidats à la présidence de la République française, je me suis sérieusement demandé quel aurait été le quidam ayant affiché la moins bonne performance.

Et là, je vous avoue que j'ai spontanément pensé à trois personnes : Marine Le Pen, Benoît Hamon et Emmanuel Macron

Ce qui veut dire que, logiquement, j'aurais qualifié François Fillon et Jean-Luc Mélenchon pour le second tour de la présidentielle. Je précise que je ne me serais basé, pour ce faire, que sur la seule impression laissée par ce premier débat contradictoire entre candidats, et ce, indépendamment de tout le reste, à commencer par les programmes.

Le problème est que, parmi les trois candidats les moins performants de ce premier débat, conformément à la procédure annoncée plus haut, chère aux concours télévisés, il ne faudra, en définitive, en éliminer qu'un(e) seul(e). Il va, donc, falloir argumenter, ce que je fais volontiers.

Pour vous dire la vérité, le débat, je ne l'ai suivi que d'un oeil, après avoir lancé l'enregistrement et après avoir coupé le son. C'est que moi, je n'ai pas le temps de coller mes fesses dans un fauteuil durant trois heures ! Et puis, pour éviter la phlébite, je me lève de temps à autre pour boire un verre d'eau, tout en jetant un oeil sur l'évolution de la discussion, et ce, jusqu'à la dernière demi-heure, que j'ai suivie dans la continuité. Le fait est que ce débat, je l'ai sur le disque dur de mon ordinateur. Je vous ai dit que j'amassais en ce moment du matériel dans le but d'en faire un mémoire universitaire ?

Venons-en au jeu du/de la candidat(e) à éliminer : pour Marine, tapez 1,  pour Benoît, tapez 2, pour Emmanuel, tapez 3.


Marine Le Pen 

Le fait est qu'elle a, selon moi, le meilleur programme, et de loin : le mieux articulé, le plus dynamique, je veux dire le seul qui puisse se résumer à un unique slogan, voire une unique expression : la parole au peuple, ou la démocratie directe, ou encore le referendum d'initiative populaire. Mais j'avais dit qu'on ne parlerait pas des programmes !

En l'entendant, l'autre soir, reprocher à l'un de ses contradicteurs son affection supposée pour le burkini, j'ai immédiatement pensé : "Ah non, pitié, elle ne va pas nous refaire le coup !". 

Vous savez quoi ? Il m'arrive sérieusement de douter de la volonté de Marine Le Pen d'entrer à l'Elysée, ce qui m'a fait dire/écrire (voir la série sur Marine Le Pen et le 'plafond de verre') que les plafonds dits de verre, on se les fabriquait souvent soi-même.

Petite parenthèse : j'écrivais, tantôt, à Louis Aliot (vice-président du Front National), que j'avais entendu au cours d'une interview télévisée (déjà évoquée ailleurs, mais sur laquelle je reviendrai incessamment ici même), et je lui disais notamment ceci :
Vous me permettrez, donc, de vous féliciter pour cette déclaration, et surtout, d’avoir clairement prononcé ces trois mots – référendum – initiative – populaire – que tant de responsables politiques ont tant de mal à prononcer. J’aime bien la formule employée tantôt par Jean Ziegler : « rétrocéder la parole au peuple ». 
Un petit problème quand même : d’où me vient donc cette étrange impression que Marine Le Pen n’a pas très envie de l’emporter à la présidentielle ? Elle doit penser, comme d’autres, que même victorieuse, elle se retrouverait en cohabitation : cinq ans à se farcir un conseil des ministres hostile, comme Mitterrand (deux fois), comme Chirac ! J’imagine que la perspective ne doit pas être très enthousiasmante. Et, pourtant, moi qui suis de gauche, je veux dire bien plus à gauche que ces guignols de Mélenchon, Besancenot ou Arthaud… je persiste à croire que c’est ce qui pourrait arriver de mieux à la France.
Je dois dire que j'ai de nouveau eu cette impression l'autre soir, car au lieu d'exploiter ce qui fait sa singularité par rapport à ses quatre adversaires, voilà que Le Pen se vautre dans son péché mignon, l'attaque contre le "burkini", dont j'ai déjà expliqué ailleurs que c'était une question subalterne et d'autant plus mal posée que l'objet en question était un NOM DE MARQUE à l'instar de Nike ou de Ray BanEt à ce propos, Benoît Hamon a eu raison de tancer cette obsession de la présidente du Front National à toujours vouloir s'abîmer dans l'exploitation de faits divers. 

Et moi de me demander quand diable Marine Le Pen comprendra-t-elle que les affaires de "burkini" (un vêtement que l'on ne voit que deux mois et demi par an, et encore, pas n'importe où !), ce n'était pas du niveau d'un président de la République, pas plus que la double ration de frites à la cantine !

Par parenthèse, Saint-Cloud n'est pas si éloigné que ça de l'Ouest parisien, secteur que je connais un peu pour l'avoir sillonné de parts en parts, dans ma jeunesse, en qualité de professeur particulier, et même y avoir habité (Boulevard Suchet). Le fait est que, dans les "beaux quartiers" de Paris, de Neuilly-sur-Seine, voire de Saint-Cloud..., on trouve plein de "nounous" portant ou non le "foulard", les familles (pas connes !) attachant plus d'importance à la moralité et au savoir-faire de la nounou qu'à sa religion supposée, laquelle n'est pas inscrite sur son foulard !!!!!

Mieux, je suis en mesure d'affirmer qu'une proportion non négligeable des petits "Feujs" (Juifs) de l'Ouest parisien mangent plus souvent hallal que casher, et ce, pour la simple raison que des femmes de ménage juives, je n'en ai pas vue une seule en une vingtaine d'années de fréquentation des riches quartiers de l'Ouest parisien, contrairement à la profusion de soubrettes et autres cuisinières nord-africaines, lesquelles, contrairement aux Africaines subsahariennes ainsi qu'aux Asiatiques (Philippines), souvent chrétiennes, n'acceptent de ne manipuler que de la viande non haram (même si le casherout ne se limite pas à la viande), quitte à parcourir des kilomètres pour faire leurs courses !

Encore une info ? Quand on vit dans un secteur (l'Ouest parisien) pauvre en petits commerces, et qu'on a oublié de remplir son frigo, on est bien content, au sortir du théâtre ou d'un concert, disons vers les 23 heures et des poussières, de tomber sur la seule épicerie encore ouverte à ces heures-là, je veux parler de l'Arabe du coin, chez lequel on trouve absolument de tout ou presque, y compris du jambon, mais aussi moult alcools, dont le cognac, le whisky et le champagne ! Ce n'est pas toujours bon marché, je vous l'accorde - il y a peu de "prolos" dans les "beaux quartiers" ! -, mais ça peut vous sauver d'une grosse fringale ; ou alors, vous allez au restaurant ! Allez, donc, voir du côté de la Rue du Ranelagh, de la Rue Vineuse, là où Brigitte Bardot a ses bureaux, ou encore Avenue de Versailles, Boulevard Murat, etc.

Dernier petit détail : promenez-vous, un samedi, dans un quartier parisien comme le Sentier (du côté du Boulevard de Sébastopol et des rues Réaumur et avoisinantes) et notez les devantures fermées (pour cause de Shabbat), puis faites la même chose un vendredi, en début d'après-midi, du côté de la Goutte d'Or, avec tous ces commerçants maghrébins. Vous avez compris ? Même à l'heure de la grande prière du vendredi, tous les petits commerces de Barbès et des environs sont ouverts ! Du reste, ils sont les seuls à être ouverts également le 15 août, jour de cette fête bidonnée par l'Eglise catholique (le dogme en question étant absent des Évangiles !) et dite de l'Assomption de la Vierge.

C'est dire si les fantasmes anti-burkini ou anti-foulard de Marine Le Pen sont le cadet des soucis de bien des Français et constituent autant de balles de gros calibre que la candidate FN se tire dans le pied, tant qu'elle n'aura pas compris qu'elle est candidate au poste de Président de la République, pas à celui de maire de Béziers ou de Fréjus !

Le fait est que les Français, qui sont loin d'être cons, voient bien que les attaques au couteau, à la hache, ou à la voiture bélier - pour ne pas parler de la kalachnikov ! -, telles qu'on vient d'en connaître un certain nombre en France, à Berlin ou maintenant à Londres, ne sont pas le fait de femmes "voilées". C'est dire si placer le port du "foulard" au même niveau que l'islamisme radical voire terroriste est tout bonnement stupide car contre-productif.

C'est pour toutes ces raisons que moi, j'aurais volontiers tapé '1', pour éliminer Marine Le Pen de la suite de la compétition. Coup de chance pour elle, il y avait deux autres candidats à l'élimination.


Benoît Hamon

Ce cher Benoît : frondeur et fier de l'être. J'ai déjà écrit, ici, que sa principale qualité était de nous avoir débarrassés du "roquet catalan"... Par ailleurs, son discours de Bercy m'a véritablement impressionné : j'ai bien regardé partout, il n'y avait pas de prompteur, et pas une fois il n'a bafouillé ou donné l'impression de chercher ses mots. Du grand art. Chapeau mec !

Mais il n'était question, ici, que de la performance comparée des débatteurs du lundi 20 mars sur la chaîne TF1. La question évoquée est la politique internationale des candidats, et là, sur la Syrie, alors même que François Fillon insiste sur la nécessité de nouer des partenariats avec, notamment, la Russie et l'Iran, on entend Benoît Hamon s'insurger (trois fois) : "Et vous auriez engagé les troupes françaises aux côtés de Bachar al-Assad?".

Et c'est là que j'ai pensé : "Ah, ce pauvre Benoît Hamon ! Frondeur, mais par intermittences !".

En fait, si j'ai bien compris, Hamon est prêt à revendiquer la politique barbouzarde de François Hollande en Syrie, le tout dans le droit fil d'une vieille tradition "molleto-mitterandienne" (molleto comme Guy Mollet) !

François Fillon dixit : "Le gouvernement auquel vous avez appartenu a livré des armes à des gens qui se sont avérés être des djihadistes...", ce que Benoît Hamon s'est bien gardé de contester.

Ah, les socialistes et leur amour de la guerre et des ingérences militaires chez les autres ! Ce qui veut dire que Hamon se place dans la continuité des coups foireux du type de l'attentat meurtrier à Auckland (Nouvelle-Zélande) contre Greenpeace, de la récente ingérence en Libye - soutenue par les socialistes ! -, avec ses effets calamiteux, aux côtés de toutes les barbouzardises réalisées aux quatre coins de l'Afrique, notamment au Rwanda naguère, et plus récemment en Côte d'Ivoire.

Benoît Hamon ne doit pas être au courant du flot de "migrants" déboulant vers l'Europe occidentale à la suite des déstabilisations que les armées de cette même Europe, associées à leur maître américain, ont provoquées un peu partout, de l'Irak à l'Afghanistan, de l'Afghanistan à l'Afrique du Nord, de l'Afrique du Nord à la Syrie... Donc, il en redemande. 

Pauvre Benoît Hamon ! Voilà que je m'apprêtais à taper '2'... Mais je ne pouvais pas évaluer ce qu'il y avait de plus grave, entre les platitudes verbales de Marine Le Pen, d'une part, et l'idéologie va-t-en-guerriste de Hamon, d'autre part, avant d'avoir expliqué pourquoi j'avais placé Emmanuel Macron dans le lot des candidats éventuellement éliminables après ce premier débat.


Emmanuel Macron

Le chéri de ces dames... et de la presse magazine et sur papier glacé !

Et là, je vais être court : au final, c'est lui, Emmanuel Macron, que j'ai choisi d'éliminer de la suite de la course.

Les raisons ? Les raisons ! Il me semble avoir déjà écrit, ici, que j'assimilais ce type à une baudruche. Et cette conviction a été dramatiquement confirmée par sa prestation de l'autre soir. 

Petit rappel : les habitués de ce blog connaissent le peu de considération que m'inspirent les deux derniers présidents de la République française, dont j'ai précisément noté les failles bien avant qu'ils ne soient élus, soit dès avril 2006 pour Sarkozy, et dès l'automne 2011 pour Hollande.

Il faut croire que je n'ai pas de chance, puisque celui que tout le monde, entendez l'industrie sondagière, annonce comme étant l'irrésistible favori de la prochaine élection présidentielle, m'inspire encore moins de confiance que les deux susnommés.

Et c'est précisément la principale raison pour laquelle j'ai repêché et Marine Le Pen, et Benoît Hamon, parce qu'on a vraiment affaire, avec Emmanuel Macron, à un monument de vacuité, ainsi que Marine Le Pen n'a pas manqué de le signaler tout au long du débat.

Mais vous savez maintenant comment je travaille : de manière SCIENTIFIQUE. Ce qui veut dire que ce que j'avance, je le prouve ; voyez la série sur Ségolène Royal à Cuba. Finalement, à quoi cela servirait-il d'avoir fait des études, non pas inférieures, mais supérieures, si ce n'est pas pour mettre ses modestes talents au service du plus grand nombre, je veux parler de tous ces pauvres 'gogos' abusés et bernés par des bonimenteurs de pacotille ??????

À suivre...