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vendredi 27 décembre 2019

Sémantique de la désinformation §23


Ce qui va suivre pourrait ressembler à un intermezzo (encore un !).

Que dire des visiteurs de ce modeste blog, sinon qu'ils et elles sont plutôt formidables, en me remettant régulièrement devant des "papiers" signés de ma main, et qui étaient largement sortis de ma mémoire. 

C'est ainsi que les statistiques des visites de ce blog font régulièrement (ré)émerger d'anciens articles, que je relis alors avec beaucoup d'intérêt, en me félicitant au passage (eh oui, j'ose l'affirmer !) de ne pas souvent me planter dans mes analyses !

Jugez-en plutôt avec quatre anciens articles ayant fait l'objet de consultation récente via tel ou tel moteur de recherche, articles auxquels j'ai tout au plus modifié une virgule ou une coquille oubliée ici ou là.
  • Prenez cet extrait d'un journal de 20 heures sur la chaîne publique France 2 ; nous sommes en pleine agression "otanienne" en Libye. (Source)

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEh5QBKJrHl8gF4OsiPYiu9T3I72kgZRzTq8DQU2bchw0XNXuBSAnvHTcK1ZMeWRAANEflVzlPF4yz8K_J01ker1i-Epb86Bu7HVr9UmiRG2fG62DBy81xX5kmIB4rE9QhE0sch0cxlCDZLW/s1600/france2-bhllevy03.jpg

  • Toujours en matière de désinformation institutionnelle, voyez la radio officielle qu'est France Inter ; nous sommes en 2012.


  • Tout le monde sait que, désormais, la Tour Eiffel est cernée par un mur de plexiglas (dont l'entretien coûte une fortune, nous dit-on...), contre lequel je me suis élevé de manière assez véhémente : "entre mur de la honte et mur des cons". 

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  • Un de mes nombreux papiers sur la Syrie, cette fois à partir d'une longue citation tirée du Figarovox.


Mais au fait, je suppose que tout le monde sait, désormais, que la fameuse attaque dite chimique sur la Douma, près de Damas, était une fake news, à l'instar de quasiment toutes les pseudo-attaques chimiques imputées au régime de Bachar el-Assad. Pour vous en convaincre, tout en vous interrogeant sur le silence-radio de la grande presse sur les dernières révélations intervenues du côté de l'OIAC, allez, donc, jeter un œil sur les moteurs de recherche... Par exemple ici... 

La morale (provisoire) de l'histoire ? Pour un blogueur lambda, je ne suis pas trop mécontent de la pertinence de mes analyses, ce qu'un certain nombre d'internautes semblent avoir noté, et ce, sur les cinq continents, ce qui m'épate toujours un peu ! 

Lectures : 01 - 02 - 03


lundi 13 mai 2019

Gilets jaunes, colère noire et volée de bois vert #23


Épisode §23. Et quand bien même ils ne seraient qu'un millier dans toute la France !

Vous savez quoi ? La profession de journaliste compte des gens assez extraordinaires. J'ai bien écrit "compte des...", entendez, cela ne concerne pas tout le monde.

Cette propension à répéter les mêmes choses, au même moment, et à ne jamais se critiquer les uns les autres !

Prenez cette calamiteuse Une de Juin 2010 (la toute dernière fois que je me suis rendu dans un kiosque à journaux pour y acheter ce quotidien sportif) avec le duo Anelka et Domenech, le premier étant présenté dans une attitude particulièrement belliqueuse envers le second.

Ça se voyait pourtant comme le nez au milieu de la figure que ce photo-montage était une escroquerie, mais pas un seul journaliste n'a osé pondre le moindre papier reprochant au torchon "sportif" en question d'avoir violé les règles déontologiques les plus élémentaires.

Autre exemple : durant la dernière ligne droite de la dernière campagne électorale pour la Maison Blanche, en marge d'une cérémonie devant le site du World Trade Center, la candidate Hillary Clinton doit précipitamment quitter les lieux dans un état physique visiblement dégradé. Ses médecins vont lui diagnostiquer une pneumonie, maladie potentiellement contagieuse. Et pourtant, le soir même, ne voilà-t-il pas qu'une Hillary Clinton qui semblait avoir perdu moult kilos en l'espace de quelques heures, s'en est allée se promener sur un trottoir newyorkais, en profitant pour embrasser une gamine qui passait par-là, au risque de lui refiler ses microbes.

Nous sommes quelques-uns, peu nombreux, à nous être interrogés sur l'étrange régime amincissant subi par la candidate en si peu de temps, qui pouvait laisser supposer - "non mais, regardez un peu ces complotistes !", ont dû penser certains... - que ce n'était pas la vraie Clinton, chose que quelques arrêts sur images effectués par des internautes ont largement confirmée.

Mais, malgré les évidences, du côté de la grande presse, ce fut "motus et bouche cousue" !

Encore un exemple ? Ce fameux "nine-eleven", soit l'attentat du 11 septembre 2001 au World Trade Center, qui a vu Thierry Meyssan et quelques autres rafler la médaille d'or du complotisme, les accusateurs dédaignant systématiquement un argument décisif, à savoir l'effondrement de non pas deux immeubles (touchés par des avions), mais trois, dont le dernier (WTC7) n'avait été percuté par aucun aéronef.

J'ai, moi-même, émis les plus grands doutes sur cet autre attentat apparemment survenu sur l'immeuble du Pentagone, dès lors que l'empreinte laissée sur la façade ne correspondait en rien à ce qu'on aurait été en droit d'attendre du crash sur du béton d'un avion de ligne équipé, non pas d'un moteur central, mais de deux moteurs (latéraux), lesquels auraient dû laisser deux trous bien visibles sur la façade, au lieu d'un seul..., enfin, de quelque chose de pas très cohérent quand on sait que le "nez" d'un avion n'est pas sa partie la plus résistante ! Et puis, un avion qui s'écrase, sans avoir vidé ses soutes de carburant, ça vous fait un geyser qui embrase tout le voisinage. Et devant le Pentagone, vous aviez ce parking, avec zéro voiture en feu !

Alors ? Alors quoi ? ont semblé rétorquer les tenants de la doxa officielle, à savoir la quasi-totalité de la presse dite "mainstream". "Circulez, il n'y a rien à voir !"

Et pourtant, une commission tout ce qu'il y a d'officiel a été désignée, aux Etats-Unis, pour conduire des investigations poussées autour de la présence éventuelle de substances explosives seules susceptibles d'expliquer l'effondrement du WTC7. 

Question : à part quelques internautes, toujours les mêmes "complotistes", bien sûr..., qui, dans la "grande presse", avez-vous vu ou entendu évoquer cette question cruciale, qui pourrait relancer les doutes sur les vraies causes de l'effondrement des tours jumelles ?

Le rapport avec les Gilets Jaunes ? Voyez les (gros) titres après l'acte XXVI.

Et ce n'est là qu'une petite fraction de ce qu'on a pu lire... Et quelle formidable démonstration de panurgisme !

Je sais très bien qu'il y a en France une Agence France Presse chargée d'alimenter les média de dépêches en tout genre. Mais quand même, les rédacteurs en chef pourraient faire le petit effort consistant à ajuster l'information sans la contrefaire, au lieu de s'attacher bêtement à la reproduire de manière mécanique.

Le fait est que la quasi-totalité des média de ce pays se contentent de reproduire telles quelles les dépêches de l'AFP, ce qui finit par se voir : entre essoufflement confirmé et essoufflement (qui se) se confirme, on voit que les perroquets ont encore de beaux jours devant eux !

Et pourtant, hormis le Ministère de l'Intérieur, d'autres sources statistiques existent - par parenthèse, comment expliquer l'usage intermittent de ce cabinet "Occurrence", régulièrement sollicité par les média pour décompter les manifestants, notamment à Paris ? -, dont le "Nombre Jaune" (qu'on pourrait soupçonner de partialité), ainsi qu'une officine émanant de la Police elle-même, et dont je reçois régulièrement la newsletter.

Toujours est-il que le Syndicat France Police - Policiers en colère, dans la dernière mouture de sa newsletter, annonçait une estimation de 60.000 manifestants en France, au lieu des 18.600 annoncés par le ministère de l'Intérieur.

Étonnant, non ? 

Source

Personnellement, je ne vois pas grand monde soupçonner un syndicat de police de fricoter avec les Gilets Jaunes, quand on voit dans quel climat de tension les déambulations du samedi se déroulent généralement.

Mais j'irai plus loin, en invitant ceux et celles que ça intéresse à faire montre d'un peu de sagacité.

Prenez l'Acte XIX, qui vit un des défilés parisiens déboucher sur l'esplanade du Sacré-Cœur. Autour de 5000 manifestants avait annoncé le ministère.

Source

5000 manifestants dans tout Paris, alors même que la foule du Sacré-Coeur ne représentait qu'un des défilés concernés ce samedi-là, sans oublier le monde encore présent dans les rues avoisinantes, ainsi que les personnes rentrées chez elles dès qu'elles ont aperçu une bouche de métro ou une station de bus. Ce qui veut dire que, devant la basilique, pour nous en tenir aux statistiques du ministère, il y avait (forcément) moins de cinq mille personnes.

Et c'est là que j'invite mes lecteurs à se livrer à une petite spéculation. Prenez un hectare : soit un carré de cent mètres de côté, ou un rectangle (rue/boulevard/avenue) de trente mètres (largeur) sur 330 (longueur), ou vingt mètres sur cinq cents.

Et maintenant, imaginez qu'il y ait un mètre d'écart entre deux manifestants voisins, soit autour d'une personne au mètre carré. Il va sans dire que les images de la télévision vont faire apparaître plein de trous parmi la foule, avec une impression visible d'une foule plutôt clairsemée.

Et pourtant, avec seulement une personne par mètre carré, dans votre hectare, vous avez pas moins de 10.000 manifestants !

Et, compte tenu de la taille de l'esplanade devant le Sacré-Cœur, et du caractère plutôt compact de la foule, je mets quiconque au défi de prétendre qu'il y ait eu moins de 10.000 personnes devant la basilique ce samedi-là ! 

Prenez le boulevard représenté ci-dessous et faites la même estimation, à savoir un rectangle d'une trentaine de mètres de large et de quelques centaines de mètres de long, toujours sur la base (raisonnable) d'une personne au mètre carré.


Cela dit, est-ce vraiment important, que les Gilets Jaunes, de samedi en samedi, soient quarante mille, non !, trente mille, non !, vingt mille, non !, moins de dix mille... à défiler ?  

C'est là qu'on voit que plein de journalistes ne font pas de sport ! J'ai déjà évoqué, ici même, la pénibilité qu'il y avait à marcher dans Paris - plutôt qu'en province - compte tenu de la distance à couvrir en cas de manifestation, notamment sur des secteurs comme les Champs-Elysées et leurs pavés qui vous cassent les jambes si vous n'êtes pas en forme ou n'avez pas les bonnes chaussures !

Prenez l'acte XX (30 mars 2019), qui a mené une partie des Gilets Jaunes de la Gare de l'Est au Trocadéro. J'avoue avoir spontanément pensé : "Hé ben, dis donc, ils et elles sont sacrément gonflés !"

Il se trouve que j'ai habité quelques années sur la rue Vineuse, soit à deux pas du Palais de Chaillot. Pour se rendre directement à la Gare de l'Est en évitant le métro, on a le choix entre le Bus 30 (Trocadéro-Gare de l'Est) et le Bus 32 (Porte d'Auteuil-Gare de l'Est).

Ce qui veut dire que les Gilets Jaunes, ce samedi-là, se sont tapé la totalité d'une ligne de bus parisienne, en l'occurrence la ligne 30 - ancien tracé ; la ligne semble avoir été rallongée depuis mon départ du quartier -, qui part(ait) du bas de l'avenue Kléber vers la Gare de l'Est, via la Place de Clichy. Et même en prenant des raccourcis, je vous garantis que c'est très long ! (Lien)

Et c'est là que j'inviterais volontiers tel ou tel commentateur de fauteuil (radio, télévision) à parcourir (à pied) ne serait-ce que le (court) trajet sur l'avenue Kléber menant du Trocadéro à la Place de l'Étoile (cf. quatre stations de la ligne 6 du métro : Trocadéro, Boissière, Kléber, Charles-de-Gaulle-Etoile). Juste pour rire !

C'est vous dire si j'apprécie la performance physique de ces quidams capables de traverser des quartiers entiers de Paris à pied, tous les samedis, depuis six mois. Cela dit, à raison de 200 à 300 Kcal l'heure de marche, il doit y en avoir pas mal qui ont dû perdre quelques kilos superflus. C'est toujours ça !

Plus sérieusement, vous voyez les retraités, encore dans les rues il n'y a pas si longtemps ? Et les chômeurs ? Et les personnels de santé qui n'en peuvent plus ? Et les agriculteurs ? Et les dindons de la farce dans tant d'usines qui vont fermer ou ont déjà fermé (GM&S, Ford-Blanquefort, Arjowiggins, les personnels de feu ED-Carrefour-Market, sans oublier les plans de licenciement en préparation chez AuchanGeneral Electric...) ; ça nous fait combien de marcheurs potentiels tous les samedis, qui restent pourtant chez eux parce qu'ils n'ont pas la force de se taper des kilomètres de marche tous les samedis, tout en n'en pensant pas moins ? 

"Le mouvement des Gilets Jaunes s'essouffle !", "Combien de temps vont-ils encore tenir ?", "Est-ce le commencement de la fin pour les Gilets Jaunes ?", etc.

Sacrés journalistes ! 

Source
Cela dit, gardons-nous de toute médisance facile envers les journalistes, du moins la grande majorité d'entre eux. Prenez le sémillant Thomas M., de BFM-TV, qui aurait traité d'un peu haut un Gilet Jaune qu'il aurait mis en demeure de quitter le plateau s'il n'était pas content (?). Ne voilà-t-il pas qu'à la suite de quelques-uns de ses confrères (surtout des consoeurs, d'ailleurs, cf. Florence Aubenas, Anne Nivat), notre journaliste parisien a pris son courage à deux mains, en allant voir d'un peu plus près, et dans les yeux, cette France des oubliés de la République ? 

Comme preuve qu'il ne faut jamais désespérer des gens !




Liens :  01 - 02 - 0304 - 05 - 06 - 07



vendredi 31 mars 2017

Marine le Pen et le 'plafond de verre'. Episode 8


Arrêt sur images

J'ai déjà relaté, ici même, l'occasion qui m'a été offerte d'adresser un courrier à Louis Aliot, que j'avais entendu dire des choses intéressantes lors d'une interview télévisée. Le fait est que la première personne à qui j'ai fait part de ce courrier fut... Emmanuel Macron, lequel s'apprêtait à quitter son ministère de l'Economie (voir les archives de ce blog).

Vous imaginez mon embarras en découvrant la présentation, par la "grande" presse, du programme présidentiel de Marine Le Pen : rien de nouveau, aucun changement, mêmes recettes, etc. Ainsi, donc, il n'y aurait rien de nouveau dans le programme de Le Pen depuis 2012 ? Voilà qui ne pouvait qu'intriguer, d'autant plus que je ne me souvenais pas être passé à côté de cette élection (voir archive).

Et puis, revenir systématiquement cinq ans en arrière, n'est-ce pas une technique classique d'"enfumage" du public, en tout cas de ceux qui ne sont pas rompus à l'exercice de l'analyse de la presse ?

Par parenthèse, mars est le mois de la semaine de la presse dans certains établissements scolaires français. Et là, on est censé initier les gamins à la rigueur requise lorsqu'on manipule de l'information. Pour ma part, j'ai toujours trouvé que cette manifestation relevait de l'enfumage. Il me semble que l'on pourrait commencer par apprendre aux élèves, et ce, dès le primaire, à maîtriser le clavier d'un ordinateur, comme c'est le cas dans tous les centres de formation de jeunes mal-voyants ou aveugles.

Pour le reste, avant de vouloir inculquer je ne sais quelle rigueur méthodologique à des collégiens, peut-être pourrait-on commencer par l'inculquer à tous les détenteurs d'une carte de presse ! 

Ci-dessous, on nous annonce qu'il n'y a rien de nouveau dans le programme de Marine Le Pen. Et moi de m'étonner...




Question : quid de ce référendum d'initiative populaire qui ne figure dans le programme d'aucun des dix concurrents de Le Pen ?

Il nous faut, donc, admettre qu'il n'y a rien de nouveau du côté de Le Pen, en clair, par rapport à sa campagne de 2012. Quelque chose m'aurait-il échappé durant la précédente campagne présidentielle ? Voilà que, tout d'un coup, je réalise qu'en 2012, je venais de me faire installer une connection ADSL, ce qui fait que j'ai beaucoup regardé la télévision, mais surtout les télévisions étrangères ; mais j'ai quand même suivi la campagne officielle sur la télévision publique, ainsi qu'on peut le voir sur le "carnet de notes" évoqué plus haut.

Mais alors, il est où, le problème ?

Je me rends, derechef, sur le site du Front National, à la recherche d'archives datant de l'année 2012, lorsque je tombe sur ceci : le programme présidentiel de Marine Le Pen, que j'entreprends d'examiner attentivement.



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Voilà quelque chose qui m'avait échappé. Non mais, sans blague !

Et dire que, comme un imbécile, j'avais écrit à Louis Aliot pour le féliciter d'avoir évoqué la question dans une interview (février 2016), croyant entendre la chose formulée par un responsable politique quasiment pour la première fois ! La vérité est que la chose en question figurait bel et bien dans le programme de 2012 de Marine Le Pen !

 "Le référendum d'initiative populaire sera inscrit dans la Constitution et les conditions de son organisation seront allégées...".

C'est ce qui a dû faire dire à nos "grands médias" qu'il n'y avait rien de nouveau dans le programme (2017) du Front National ! Le problème est qu'en 2012, la "grande" presse n'a pas vraiment claironné sur tous les toits cette proposition iconoclaste de Marine Le Pen !

Même chose avec l'annonce de la sortie de la France du commandement intégré de l'OTAN.

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Du coup, je m'interroge : comment diable se fait-il que des dispositions aussi fondamentales m'aient échappé lors de la campagne de 2012 ? Que je n'aie pas lu la "grande" presse, je le conçois volontiers, moi, qui ai quasiment cessé de la lire à partir de l'agression coloniale en Libye du printemps 2011. Cela dit, il ne me semble pas avoir zappé la campagne, puisque j'ai même réalisé moult captures d'écran à l'époque. Et si Marine Le Pen avait prêché en faveur de son référendum d'initiative populaire dès 2012, je m'en souviendrais tout de même !

Le fait est que je me souviens fort bien de cette plaquette tirée du programme officiel de Le Pen : 12 engagements.


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Et là, tout s'explique : en 2012, Marine Le Pen n'avait pas jugé utile de faire figurer l'instauration du référendum d'initiative populaire dans ses principaux engagements.

Étonnant, non ?!

Du coup, on essaie de comprendre comment une proposition aussi novatrice a pu passer à la trappe, et l'on pense à Ségolène Royal et à son millier de débats participatifs ayant précédé la campagne officielle de 2007.

Ce que j'ai pu vérifier, c'est que la question de ce fameux référendum d'initiative populaire avait bien été évoquée par des participants aux réunions autour de Ségolène Royal, laquelle présentait ses 100 propositions en ces termes (source) :

Présentation
"Ce que vous m'avez dit, je l'ai entendu. Ce que je savais, vous l'avez confirmé. Aujourd'hui, je vous propose le Pacte présidentiel : 100 propositions pour que la France retrouve une ambition partagée, la fierté, et la fraternité.
Plus de 6 000 débats ont été organisés sur tout le territoire. J'ai reçu par Internet 135 000 contributions. J'ai écouté les partenaires sociaux, j'ai rencontré les associations, j'ai mobilisé les experts. Vous avez été nombreux à vouloir participer à cette œuvre collective.
J'ai souhaité ce travail d'écoute et de confrontation des idées. J'ai voulu que les citoyens reprennent la parole pour que je puisse porter leur voix : vous ne supportez plus que l'on rédige dans l'ombre des programmes aussi vite oubliés qu'ils sont écrits. Les promesses doivent être tenues, elles doivent être crédibles.
Ce Pacte présidentiel, c'est ensemble que nous le mettrons en œuvre.
Plus juste, la France sera plus forte.
Ségolène ROYAL" 
On parcourt le reste du document et l'on tombe sur ceci :
Le pacte présidentiel d'une République nouvelle
Remontée des débats
Les citoyens veulent prendre la parole plus souvent et plus directement pour décider eux-mêmes. "Référendum ou proposition d'initiative citoyenne", " droit de pétition ", voire " référendum perpétuel ", etc. Tous les outils de la démocratie participative ont été explorés.

Et voici le résultat, tel qu'affiché dans les propositions effectives du projet de Ségolène Royal :

73- Introduire la démocratie participative dans toutes les collectivités publiques (jurys citoyens, budgets participatifs, etc.). Des citoyens ayant recueilli un million de signatures pourront demander au Parlement l'examen d'une proposition de loi.

Pour ma part, j'ai toujours pensé que c'est à ce moment-là que le décrochage commence à se faire entre Ségolène Royal et ses principaux soutiens parmi les électeurs, dont les plus lucides ont dû se sentir floués par l'arnaque - il n'y a pas d'autre mot - que la dame du Poitou leur a infligée.

"Un million de signatures pour demander au Parlement l'examen d'une proposition de loi...", vous parlez d'une usine à gaz !

Problème : cinq ans plus tard (2012), Marine Le Pen nous refait le coup, mais à sa manière : le référendum d'initiative populaire ou citoyenne figure en toutes lettres dans son programme, mais elle n'en parle pas !

Du coup, j'ai eu l'air d'un con en allant féliciter Louis Aliot pour avoir mentionné la chose lors d'une interview télévisée !

Dans ces conditions, on imagine aisément la volonté de la "grande" presse d'enfumer ses lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, en passant complètement sous silence cette proposition, qui reste révolutionnaire en France, en Europe, voire dans le monde, car pratiquée de manière systématique par un seul pays : la Confédération Helvétique !

C'est simple : dites-moi où et quand vous avez lu un commentaire émanant d'un expert en droit public ou constitutionnel - il n'en manque pourtant pas, en France, je veux parler de tous ces vieux caciques professant ou ayant professé à 'Science Po' -, sur la singularité des propositions de Marine Le Pen sur le plan institutionnel ?  

La chose est d'autant plus stupéfiante que les propositions les plus importantes du programme (cf. quel Etat ?) sont affichées d'emblée (articles 1 à 11) ; elles sont, donc, impossibles à zapper. Et pourtant ! (Lire : 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7

Voyez un peu ce qu'écrit le quotidien de l'intelligentsia bobo, j'ai nommé Le Monde, sur la question institutionnelle :

Grande réforme constitutionnelle
Comme l’a révélé la députée européenne dans un entretien au Monde, jeudi 3 février, une grande réforme constitutionnelle, qui sera soumise à un référendum après les élections législatives de juin, doit permettre d’entériner la « priorité nationale », en plus de la suppression des régions, de la réduction du nombre de parlementaires (300 députés et 200 sénateurs), ou encore de la sanctuarisation de « la défense de notre patrimoine historique et culturel » – une proposition dont on ne voit pas très bien ce qu’elle recouvre.
Tout nouveau contrat de salarié étranger sera de plus taxé, et une contribution de 3 % sur les produits importés sera créée.
Certains marqueurs historiques du parti d’extrême droite ont de leur côté disparu. Aucune mention du rétablissement de la peine de mort n’est faite : en 2012, cette mesure devait être soumise à un référendum proposant soit son rétablissement, soit la mise en place d’une « perpétuité réelle ». Seule cette dernière mesure est retenue.
De plus, la réduction de l’immigration devient une proposition parmi d’autres. La candidate propose de descendre à un solde migratoire de 10 000 personnes par an (contre 40 000 aujourd’hui). En 2012, elle promettait de « stopper les flux migratoires vers la France », en réduisant le nombre total d’entrées sur le territoire à 10 000 personnes. (source)

Vous avez compris que les professionnels de la désinformation étaient passés maîtres dans l'art du zapping et de la dissimulation ? D'où les références à 2012 ou aux fondamentaux du FN, que l'on ne retrouverait pas dans le nouveau programme (= parler de ce qui n'existe pas, pour ne pas avoir à évoquer ce qui existe...), de même que l'on insiste sur "ce qui a changé dans le programme", de manière à noyer le poisson dans les banalités, ou alors on insiste lourdement sur le programme économique et son chiffrage.

Prenez le mensuel "Challenges" et sa présentation des "principales mesures du programme de Marine Le Pen".



Il suffit, pourtant, de jeter un oeil sur le programme officiel de la candidate du Front National, tel qu'affiché sur son site, pour constater que les choses y sont présentées de la manière la plus claire possible. Ça commence par le Titre I : Une France libre... La révision constitutionnelle que je propose aux Français.

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I – UNE FRANCE LIBRE. RENDRE À LA FRANCE SA SOUVERAINETÉ NATIONALE. VERS UNE EUROPE DES NATIONS INDÉPENDANTES, AU SERVICE DES PEUPLES
1. Retrouver notre liberté et la maîtrise de notre destin en restituant au peuple français sa souveraineté (monétaire, législative, territoriale, économique). Pour cela, une négociation sera engagée avec nos partenaires européens suivie d’un référendum sur notre appartenance à l’Union européenne. L’objectif est de parvenir à un projet européen respectueux de l’indépendance de la France, des souverainetés nationales et qui serve les intérêts des peuples.

RÉFORMES INSTITUTIONNELLES : RENDRE LA PAROLE AU PEUPLE ET ÉTABLIR UNE DÉMOCRATIE DE PROXIMITÉ
2. Organiser un référendum en vue de réviser la Constitution et conditionner toute révision future de la Constitution à un référendum. Élargir le champ d’application de l’article 11 de la Constitution.

3. Permettre la représentation de tous les Français par le scrutin proportionnel à toutes les élections. À l’Assemblée nationale, la proportionnelle sera intégrale avec une prime majoritaire de 30 % des sièges pour la liste arrivée en tête et un seuil de 5 % des suffrages pour obtenir des élus.

4. Abaisser le nombre de députés à 300 (contre 577 aujourd’hui) et le nombre de sénateurs à 200 (contre 348 aujourd’hui).

5. Créer un véritable référendum d’initiative populaire, sur proposition d’au moins 500 000 électeurs.

6. Conserver trois niveaux d’administration (au lieu de six actuellement) : communes, départements et État. Cette réforme sera un gage de : simplification (suppression des doublons et répartition claire des compétences) ; proximité (en donnant plus de poids à des élus que les Français connaissent, comme les maires) ; économies (notamment sur les indemnités d’élus et les frais de fonctionnement). Elle permettra rapidement une baisse des impôts locaux.
Revaloriser en conséquence le rôle et le statut des maires des petites et moyennes communes.

Le fait est que les six premiers articles du programme de Marine Le Pen contiennent l'essentiel de la philosophie de son projet présidentiel. Et pourtant, il y en a qui trouvent le moyen de ne découvrir ce programme qu'à partir de la proposition n° 24 (rétablir les frontières nationales), ou n° 37 (instaurer un vrai patriotisme économique), ou n° 52 (fixer l'âge légal de la retraite à 60 ans), etc.

Vous voulez rire ? Voyez, donc, comment Dominique Reynié, un éminent politocrate français, professeur de science politique, dénature les propositions de Marine Le Pen :

Dominique Reynié : A première vue, le programme du Front national pour l’élection présidentielle de 2017 s’apparente à celui d’un parti confortablement installé dans un système autrefois vilipendé. On en retrouve les principales caractéristiques générales : une longue série de 144 "engagements" destinés à satisfaire les différentes clientèles électorales supposées, sans souci de cohérence et avec la prudence nécessaire pour ne pas, ne plus, heurter.

Puis, une lecture plus attentive révèle une sorte de légèreté, une certaine désinvolture, compte tenu des incohérences de quelques promesses dont les conséquences ne semblent pas avoir été envisagées, comme si cela n’avait pas d’importance.

Demeurent ces références qui font du Front national un parti à part sur l’échiquier politique, affirmant ostensiblement un nationalisme ethnicisant. Pourtant, à y regarder de plus près, cela semble plus obscur. Ainsi, la promesse numéro 1 est de rendre à la France la "liberté" et la "maîtrise de son destin" en retrouvant "sa souveraineté monétaire, législative, territoriale, économique".  Un référendum sur l’appartenance à l’Union est programmé. Pour autant, on ne dit rien de ce qui est prévu si les Français décident de rester dans l’Union, alors que la sortie de Schengen est annoncée, de même que le retour au franc. Le retrait du commandement militaire intégré de l’Otan est la promesse numéro 118 qui accompagne la promesse d’assurer "une capacité de Défense autonome dans tous les domaines". Voilà autant de signes de la grande désinvolture avec laquelle ce programme a été rédigé.  

Franchement, entre nous, vous n'êtes pas mort(e) de rire devant tant de mauvaise foi et, par parenthèse, d'incompétence ?

Pour ma part, je ne pense pas exagérer en rappelant qu'en 3ème, soit en fin de collège, je faisais l'admiration de mes professeurs, dont celui de français, pour ma propension à soigner mes dissertations. Non, mais sans blague : pour passer de la proposition n°1 à la n°118, en zappant toutes les autres, il faut prendre ses lecteurs pour des billes ! Et le type se dit comment déjà ? (Dominique Reynié est professeur des Universités en science politique à l’Institut d’études politiques de Paris et directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol).

Tout bonnement pitoyable ! 

Vous en voulez encore une couche ? Voyez comment le grand quotidien de l'Intelligentsia française, déjà évoqué plus haut, je veux parler du Monde, présente les propositions des candidats sur le plan institutionnel.


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Vous avez compris ? On a simplement "sucré" les principales propositions de Marine Le Pen sur l'élargissement du champ du référendum ainsi que sur la mise en place d'un véritable référendum d'initiative populaire.

Voilà qui fait inévitablement penser à une technique photographique très prisée du temps de Staline, vous savez ? Faire disparaître des indésirables des photos officielles.


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Finalement, tout ça se passe ici, maintenant, sous nos yeux, pas en Ouzbékistan, ni au Zimbabwe !

Et ce sont ces professionnels de la désinformation qui prétendent nous donner des leçons de vigilance contre ce qu'ils appellent des "sites complotistes", ou encore la "fachosphère" !

Le morale de tout ce qui précède ?

Marine Le Pen n'a pas été bien maline, en 2012, de s'asseoir, comme elle l'a fait, sur LA proposition majeure de son programme, à savoir l'instauration du référendum d'initiative populaire, qui aurait fait de la France le seul pays de ce niveau de développement, à pratiquer, après la Suisse, la démocratie directe. C'est ce genre d'impair qui m'a fait écrire, tantôt, que les plafonds de verre, on se les fabriquait souvent soi-même !

En 2017, elle remet de nouveau le couvert, en s'appuyant nettement plus sur l'Internet, grâce auquel tout le monde peut s'informer à la source. Et c'est là que des professionnels de la désinformation s'évertuent, un peu désespérément, à noyer le poisson (cf. "programme à peine amendé", "programme édulcoré", "rien de neuf sous le Front", etc.).

Pour ma part, au risque de radoter, je m'en vais réitérer une devise qui m'est chère : "une grande idée vaut mieux que cinquante petites !", et le référendum d'initiative populaire risque bien d'être LA grande idée de cette campagne présidentielle, selon la manière dont ses promoteurs, Le Pen et les autres, vont s'y prendre pour le présenter aux électeurs, je veux dire en évitant, une fois de plus, de s'asseoir dessus !!!

Problème : hier, jeudi 30 mars 2017, Florian Philippot, vice-président du Front National, apparaissait pour la deux cent cinquante-quatrième fois de l'année à la télévision, interrogé par la "grande" journaliste Ruth Elkrief. Vingt minutes à parler de quoi, je vous le demande ?



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Vous pensiez qu'une "grande journaliste" du calibre de Ruth Elkrief allait interroger le vice-président du FN sur des questions essentielles telles que la démocratie directe via le référendum d'initiative populaire, la réduction du nombre des parlementaires, celle des échelons administratifs (trois au lieu de six), la sortie du commandement intégré de l'OTAN ?

Alors, c'est que vous n'avez rien compris ! Madame Elkrief, du fond de son fauteuil moelleux, voulait savoir, pour la trois-cent-quatre-vingt-quatrième fois de l'année, pourquoi Marine Le Pen refusait d'aller chez les juges !

Il faut dire que nos "grands journalistes" sont nombreux à avoir séché les cours d'E.C.J.S. (Education Civique Juridique et Sociale) au collège, ce qui explique qu'ils ignorent certains principes fondamentaux du droit - à commencer par celui-ci : nul ne saurait être juge et partie -, sur lesquels nous reviendrons incessamment.