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mercredi 15 janvier 2020

Petit courrier destiné à un grand journaliste économique

14 janvier 2020

J'écoute la matinale de France Inter. Si, si, j'écoute souvent la matinale de cette radio publique (après avoir visionné les rediffusions des journaux du soir des télévisions de l'Outre-mer, relayées par France Ô). Je vous ai déjà avoué une certaine appétence pour les "papiers" de Sophia Aram, le lundi. Et c'est là que je retirerais volontiers l'épithète quelque peu ironique dont j'affublais naguère cette radio, que j'ai longtemps qualifiée de... "gouvernementale". Mais j'avais quelque raison de traiter ainsi cette radio publique, quand on se souvient des chroniques plus que convenues de ce pseudo-expert qu'était Bernard Guetta (imparfait de rigueur !), lequel Guetta s'est recyclé comme... député européen au sein du parti du monarque élu en mai 2017. Et il y en a qui ont dû faire semblant de paraître surpris !

Des années durant lesquelles Guetta nous a fait du Michel Droit ! Vous voyez bien qu'il m'arrive d'avoir du flair !

Mais j'évoquais tantôt mon intention de retirer cette épithète infamante de "gouvernementale", précisément après avoir entendu Sophia Aram se fendre d'une lettre ouverte à l'attention du ci-devant ministre de l'Intérieur.

Entre nous, j'imagine que feu Michel Droit a dû se retourner dans sa tombe en constatant que la subversion avait envahi ce fleuron de la flagornerie que fut longtemps France Inter, notamment au "bon vieux temps" où un certain Général squattait l'Élysée.

Le nom de Michel Droit ne vous dit rien ? Allez donc faire une petite recherche dans les archives de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel), section radio, et vous tomberez inévitablement sur telle interview de Charles de Gaulle par cet illustre cireur de pompes qu'était M. D.

Mais que vient faire Sophia Aram dans l'histoire ? Ben, c'est tout simple. J'imagine une telle chronique sur France Inter, disons dans les années d'activité de Michel Droit, avec Alain Peyrefitte ministre de ci, Michel Debré ministre de ça, voire premier ministre, Pierre Messmer autre ministre de ça, Jacqueline Baudrier présidente de la radio publique, etc.

Elle en a de la chance, Sophia Aram ! Et si vous voulez vous plier en deux de rire, comme je l'ai fait l'autre lundi, en écoutant Sophia Aram, ben, vous n'avez qu'à aller visiter le podcast de la fameuse radio publique !

Mais mon intention première ne visait pas Sophia Aram, mais un autre intervenant sur la fameuse matinale de France Inter, j'ai nommé le sémillant journaliste économique Dominique Seux, que j'ai entendu ironiser, lui aussi, sur le prétendu naufrage que Marine Le Pen aurait connu lors d'un fameux débat d'entre les deux tours de la présidentielle de 2017.

Le fait est que je ne suis pas un fan du Rassemblement National ni de Marine Le Pen, ce qui ne m'interdit nullement d'observer ce mouvement et sa présidente avec un maximum d'objectivité.

Et je maintiens ici que, sur un plan strictement factuel, le programme présidentiel de Marine Le Pen était, et de loin, le document le mieux ficelé car réalisé par des professionnels, là où à peu près tous les autres documents, notamment celui du futur président, semblaient avoir été concoctés par des collégiens en stage de traitement de textes durant la semaine de la presse ! (voyez les archives du blog)

Et puis, il y avait le contenu, l'adhésion franche de Marine Le Pen au referendum d'initiative populaire ayant totalement éclipsé le blablabli-blablabla de tous les autres programmes et ayant, à elle seule, expliqué sa présence au second tour de la présidentielle ; c'est mon avis et je le partage !

Arrive ce fameux débat, dont on nous dit un peu partout que Le Pen l'aurait raté, sans jamais fournir le moindre commencement d'argumentation. Elle l'a raté ? Peut-être, mais à quel moment, et en disant quoi ? On ne sait pas !

Ce fameux débat, je l'ai analysé ici même, notamment cette première demi-heure où il fut abondamment question d'Alstom et de General Electric. Et là, ô surprise, les mêmes (journalistes) qui se gaussent sur un prétendu ratage de Marine Le Pen affichent une discrétion de Sioux à propos des licenciements annoncés dernièrement à Belfort, de même qu'ils rasent les murs à l'idée de l'évocation de telle ou telle commission d'enquête parlementaire suscitée par de sérieux doutes sur la régularité de la vente d'Alstom-Énergie à l'américain General Electric. Certains parlent même d'un scandale dans lequel serait mêlé un des participants à ce fameux débat d'entre les deux tours.

Voilà, donc, que ce "grand" journaliste économique qu'est Dominique Seux y va de son réquisitoire sans preuve ni argumentation sur le prétendu naufrage en direct de Marine Le Pen, et cela ne pouvait que m'inciter à lui adresser les trois messages qui suivent (à lire dans l'ordre chronologique inverse). 
Du coup, je suis allé jeter un oeil sur le "papier" que j'ai consacré à ce débat ici même.

7800 mots, 44000 signes et espaces, soit plus de vingt pages standard de 2000 signes.

Et comme je l'annonçais à notre "grand" journaliste économique, hormis le titre, quelque peu excessif, je ne trouve strictement rien à redire à ce papier.

Ce fameux débat de 2017 a vu s'opposer une Marine Le Pen étonnante de naturel, à qui on est allé jusqu'à reprocher la pile de dossiers étalés devant elle. Ceux-là n'ont jamais assisté à une audience juridictionnelle, avec avocats et greffiers croûlant sous les piles de dossiers de toutes les couleurs. Du coup, ils ont oublié que Marine Le Pen était avocate de formation !

 

Ce soir-là, Le Pen s'est retrouvée devant un comédien qui avait été scrupuleusement "coaché" par des experts en communication ; ça se voyait comme le nez au milieu de la figure.

Mais l'essentiel est ailleurs : depuis deux ans et demi, la France populaire est dans la rue ; on a vu les retraités battre le pavé six ou sept fois, eux qui ne manifestent presque jamais. Et on a eu les Gilets Jaunes, les personnels de santé, jusqu'à des professeurs de médecine menaçant de démissionner, avocats, danseurs de l'Opéra de Paris, enseignants, cheminots..., sans oublier les Outre-mer, terres de résistance et de jacqueries.

Et comme j'adore me citer, voici en quels termes je concluais le long papier que j'avais accordé à ce fameux débat :
Alors, il se peut fort bien qu'Emmanuel Macron soit élu tantôt président de la République française, mais je suis prêt à parier qu'il va, alors, se retrouver dans le même état d'esprit qu'un certain Rosberg au soir de sa victoire en championnat du monde de F1.
 Quant à Monsieur Dominique Seux, on l'invite instamment à s'intéresser d'un peu plus près au sort des personnels menacés de licenciement à Belfort, ainsi qu'à la vente controversée d'Alstom  Energie à General Electric, au lieu de donner dans le blablabli-blablabla un peu facile de la volaille "moutonnière" censée faire l'opinion ? 

On résume ?

Qu'il s'agisse de Dominique Seux ou de n'importe quelle "grande" figure de la presse, je défie quiconque de nous fournir une analyse méthodique et argumentée du prétendu naufrage de Marine Le Pen au cours de ce fameux débat de 2017. Vous avez vu comment je travaille, je veux dire comment un quidam sachant analyser un texte travaille ? On fait faire ça à des élèves de Première ou de Terminale, le jour du BAC.

Et quand bien même Le Pen aurait été "nulle en économie", De Gaulle et Mitterrand étaient des férus d'économie ? Et faut-il être ancien banquier d'affaires ou ancien conseiller référendaire à la Cour des Comptes, ou inspecteur des finances pour se porter candidat pour l'Elysée ? 

Pour mémoire, on nous bassine régulièrement avec la présence des économistes parmi les dédicataires du Prix Nobel, aux côtés de la Chimie, de la Médecine... Le problème est que l'économie est tout sauf une science, ce terme devant être réservé à l'étude des lois naturelles, lesquelles sont intangibles sur des milliards d'années (*), tout le contraire des digressions de l'économie, cette dernière relèvant plutôt du contrat social. C'est dire si elle repose sur des principes hautement fluctuants, dans le temps et dans l'espace.

Citation
(M. Le Pen) Et puis, somme toute, les Français ont aussi pu voir le vrai Macron, dans ce second tour : la bienveillance a fait place à la médisance ; la stratégie marketing a été reprise en main par la machine du PS et puis le sourire étudié se transforme en rictus au fur et à mesure des meetings ; l’enfant chéri du système et des élites, en réalité a tombé le masque, monsieur Macron, voilà. C’est bien, je trouve que c’est utile...
Mais Le Pen ménage ses effets, réservant l'attaque la plus virulente pour la fin, et la troisième personne du singulier fait place à l'apostrophe, au "vous". Du grand art ! (cf. lien n° 1 ci-dessous)

Fin de citation

Par parenthèse, vous aurez observé que tous nos "grands" journalistes sont tombés à bras raccourcis sur Le Pen, mais aucun(e) n'a osé affirmer que l'adversaire de Le Pen, ce soir-là, ait dominé l'affrontement ! En somme, Le Pen a perdu la bataille, mais on ne sait pas contre qui ; en tout cas, on se garde bien d'encenser son adversaire ! L'art de dire, sans dire, tout en disant... Voyez ma série sur la sémantique de la désinformation.

Dernier petit rappel : au second tour de la présidentielle, Le Pen a vu son score presque doubler entre les deux tours, ce qui traduit tout le contraire d'un effondrement ; comme quoi...; et, par ailleurs, aux dernières élections en date (Européennes, 2019), le Rassemblement National a réalisé quelques scores édifiants ici ou là, je pense à ce carton plein dans la totalité des circonscriptions de la... Réunion, le RN s'étant classé premier parti de France aux européennes, et ce, malgré le prétendu ratage intervenu deux ans plus tôt. Autant dire qu'en termes de "ratage", je connais bien des partis politiques, en ce moment-même, qui aimeraient se planter aussi bien ou aussi mal que le parti lepéniste ! (source)

Entre nous, le rappel incessant à ce débat, que Le Pen aurait raté en 2017, ne ressemblerait-il pas de plus en plus à un disque rayé, quand on voit dans quel état de delirium tremens la France se trouve en ce moment, sans que Le Pen y soit pour quoi que ce soit ?

La corporation des journalistes serait bien inspirée de sortir de la litanie moutonnière dans laquelle elle se complaît depuis trop longtemps, avec cette propension à ânonner les mêmes "éléments de langage", ainsi que le confirment moult sondages récurrents en matière (de perte) de crédibilité de la presse. (source) 


(*) Prenez, au hasard,  le génial paradoxe de Blaise Pascal : "Les liquides (fluides) pèsent selon leur hauteur.". Ça fait des milliards d'années que ça dure, et ça va durer encore quelques milliards d'années  ; rien de tel en économie ! 



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lundi 13 mai 2019

Gilets jaunes, colère noire et volée de bois vert #23


Épisode §23. Et quand bien même ils ne seraient qu'un millier dans toute la France !

Vous savez quoi ? La profession de journaliste compte des gens assez extraordinaires. J'ai bien écrit "compte des...", entendez, cela ne concerne pas tout le monde.

Cette propension à répéter les mêmes choses, au même moment, et à ne jamais se critiquer les uns les autres !

Prenez cette calamiteuse Une de Juin 2010 (la toute dernière fois que je me suis rendu dans un kiosque à journaux pour y acheter ce quotidien sportif) avec le duo Anelka et Domenech, le premier étant présenté dans une attitude particulièrement belliqueuse envers le second.

Ça se voyait pourtant comme le nez au milieu de la figure que ce photo-montage était une escroquerie, mais pas un seul journaliste n'a osé pondre le moindre papier reprochant au torchon "sportif" en question d'avoir violé les règles déontologiques les plus élémentaires.

Autre exemple : durant la dernière ligne droite de la dernière campagne électorale pour la Maison Blanche, en marge d'une cérémonie devant le site du World Trade Center, la candidate Hillary Clinton doit précipitamment quitter les lieux dans un état physique visiblement dégradé. Ses médecins vont lui diagnostiquer une pneumonie, maladie potentiellement contagieuse. Et pourtant, le soir même, ne voilà-t-il pas qu'une Hillary Clinton qui semblait avoir perdu moult kilos en l'espace de quelques heures, s'en est allée se promener sur un trottoir newyorkais, en profitant pour embrasser une gamine qui passait par-là, au risque de lui refiler ses microbes.

Nous sommes quelques-uns, peu nombreux, à nous être interrogés sur l'étrange régime amincissant subi par la candidate en si peu de temps, qui pouvait laisser supposer - "non mais, regardez un peu ces complotistes !", ont dû penser certains... - que ce n'était pas la vraie Clinton, chose que quelques arrêts sur images effectués par des internautes ont largement confirmée.

Mais, malgré les évidences, du côté de la grande presse, ce fut "motus et bouche cousue" !

Encore un exemple ? Ce fameux "nine-eleven", soit l'attentat du 11 septembre 2001 au World Trade Center, qui a vu Thierry Meyssan et quelques autres rafler la médaille d'or du complotisme, les accusateurs dédaignant systématiquement un argument décisif, à savoir l'effondrement de non pas deux immeubles (touchés par des avions), mais trois, dont le dernier (WTC7) n'avait été percuté par aucun aéronef.

J'ai, moi-même, émis les plus grands doutes sur cet autre attentat apparemment survenu sur l'immeuble du Pentagone, dès lors que l'empreinte laissée sur la façade ne correspondait en rien à ce qu'on aurait été en droit d'attendre du crash sur du béton d'un avion de ligne équipé, non pas d'un moteur central, mais de deux moteurs (latéraux), lesquels auraient dû laisser deux trous bien visibles sur la façade, au lieu d'un seul..., enfin, de quelque chose de pas très cohérent quand on sait que le "nez" d'un avion n'est pas sa partie la plus résistante ! Et puis, un avion qui s'écrase, sans avoir vidé ses soutes de carburant, ça vous fait un geyser qui embrase tout le voisinage. Et devant le Pentagone, vous aviez ce parking, avec zéro voiture en feu !

Alors ? Alors quoi ? ont semblé rétorquer les tenants de la doxa officielle, à savoir la quasi-totalité de la presse dite "mainstream". "Circulez, il n'y a rien à voir !"

Et pourtant, une commission tout ce qu'il y a d'officiel a été désignée, aux Etats-Unis, pour conduire des investigations poussées autour de la présence éventuelle de substances explosives seules susceptibles d'expliquer l'effondrement du WTC7. 

Question : à part quelques internautes, toujours les mêmes "complotistes", bien sûr..., qui, dans la "grande presse", avez-vous vu ou entendu évoquer cette question cruciale, qui pourrait relancer les doutes sur les vraies causes de l'effondrement des tours jumelles ?

Le rapport avec les Gilets Jaunes ? Voyez les (gros) titres après l'acte XXVI.

Et ce n'est là qu'une petite fraction de ce qu'on a pu lire... Et quelle formidable démonstration de panurgisme !

Je sais très bien qu'il y a en France une Agence France Presse chargée d'alimenter les média de dépêches en tout genre. Mais quand même, les rédacteurs en chef pourraient faire le petit effort consistant à ajuster l'information sans la contrefaire, au lieu de s'attacher bêtement à la reproduire de manière mécanique.

Le fait est que la quasi-totalité des média de ce pays se contentent de reproduire telles quelles les dépêches de l'AFP, ce qui finit par se voir : entre essoufflement confirmé et essoufflement (qui se) se confirme, on voit que les perroquets ont encore de beaux jours devant eux !

Et pourtant, hormis le Ministère de l'Intérieur, d'autres sources statistiques existent - par parenthèse, comment expliquer l'usage intermittent de ce cabinet "Occurrence", régulièrement sollicité par les média pour décompter les manifestants, notamment à Paris ? -, dont le "Nombre Jaune" (qu'on pourrait soupçonner de partialité), ainsi qu'une officine émanant de la Police elle-même, et dont je reçois régulièrement la newsletter.

Toujours est-il que le Syndicat France Police - Policiers en colère, dans la dernière mouture de sa newsletter, annonçait une estimation de 60.000 manifestants en France, au lieu des 18.600 annoncés par le ministère de l'Intérieur.

Étonnant, non ? 

Source

Personnellement, je ne vois pas grand monde soupçonner un syndicat de police de fricoter avec les Gilets Jaunes, quand on voit dans quel climat de tension les déambulations du samedi se déroulent généralement.

Mais j'irai plus loin, en invitant ceux et celles que ça intéresse à faire montre d'un peu de sagacité.

Prenez l'Acte XIX, qui vit un des défilés parisiens déboucher sur l'esplanade du Sacré-Cœur. Autour de 5000 manifestants avait annoncé le ministère.

Source

5000 manifestants dans tout Paris, alors même que la foule du Sacré-Coeur ne représentait qu'un des défilés concernés ce samedi-là, sans oublier le monde encore présent dans les rues avoisinantes, ainsi que les personnes rentrées chez elles dès qu'elles ont aperçu une bouche de métro ou une station de bus. Ce qui veut dire que, devant la basilique, pour nous en tenir aux statistiques du ministère, il y avait (forcément) moins de cinq mille personnes.

Et c'est là que j'invite mes lecteurs à se livrer à une petite spéculation. Prenez un hectare : soit un carré de cent mètres de côté, ou un rectangle (rue/boulevard/avenue) de trente mètres (largeur) sur 330 (longueur), ou vingt mètres sur cinq cents.

Et maintenant, imaginez qu'il y ait un mètre d'écart entre deux manifestants voisins, soit autour d'une personne au mètre carré. Il va sans dire que les images de la télévision vont faire apparaître plein de trous parmi la foule, avec une impression visible d'une foule plutôt clairsemée.

Et pourtant, avec seulement une personne par mètre carré, dans votre hectare, vous avez pas moins de 10.000 manifestants !

Et, compte tenu de la taille de l'esplanade devant le Sacré-Cœur, et du caractère plutôt compact de la foule, je mets quiconque au défi de prétendre qu'il y ait eu moins de 10.000 personnes devant la basilique ce samedi-là ! 

Prenez le boulevard représenté ci-dessous et faites la même estimation, à savoir un rectangle d'une trentaine de mètres de large et de quelques centaines de mètres de long, toujours sur la base (raisonnable) d'une personne au mètre carré.


Cela dit, est-ce vraiment important, que les Gilets Jaunes, de samedi en samedi, soient quarante mille, non !, trente mille, non !, vingt mille, non !, moins de dix mille... à défiler ?  

C'est là qu'on voit que plein de journalistes ne font pas de sport ! J'ai déjà évoqué, ici même, la pénibilité qu'il y avait à marcher dans Paris - plutôt qu'en province - compte tenu de la distance à couvrir en cas de manifestation, notamment sur des secteurs comme les Champs-Elysées et leurs pavés qui vous cassent les jambes si vous n'êtes pas en forme ou n'avez pas les bonnes chaussures !

Prenez l'acte XX (30 mars 2019), qui a mené une partie des Gilets Jaunes de la Gare de l'Est au Trocadéro. J'avoue avoir spontanément pensé : "Hé ben, dis donc, ils et elles sont sacrément gonflés !"

Il se trouve que j'ai habité quelques années sur la rue Vineuse, soit à deux pas du Palais de Chaillot. Pour se rendre directement à la Gare de l'Est en évitant le métro, on a le choix entre le Bus 30 (Trocadéro-Gare de l'Est) et le Bus 32 (Porte d'Auteuil-Gare de l'Est).

Ce qui veut dire que les Gilets Jaunes, ce samedi-là, se sont tapé la totalité d'une ligne de bus parisienne, en l'occurrence la ligne 30 - ancien tracé ; la ligne semble avoir été rallongée depuis mon départ du quartier -, qui part(ait) du bas de l'avenue Kléber vers la Gare de l'Est, via la Place de Clichy. Et même en prenant des raccourcis, je vous garantis que c'est très long ! (Lien)

Et c'est là que j'inviterais volontiers tel ou tel commentateur de fauteuil (radio, télévision) à parcourir (à pied) ne serait-ce que le (court) trajet sur l'avenue Kléber menant du Trocadéro à la Place de l'Étoile (cf. quatre stations de la ligne 6 du métro : Trocadéro, Boissière, Kléber, Charles-de-Gaulle-Etoile). Juste pour rire !

C'est vous dire si j'apprécie la performance physique de ces quidams capables de traverser des quartiers entiers de Paris à pied, tous les samedis, depuis six mois. Cela dit, à raison de 200 à 300 Kcal l'heure de marche, il doit y en avoir pas mal qui ont dû perdre quelques kilos superflus. C'est toujours ça !

Plus sérieusement, vous voyez les retraités, encore dans les rues il n'y a pas si longtemps ? Et les chômeurs ? Et les personnels de santé qui n'en peuvent plus ? Et les agriculteurs ? Et les dindons de la farce dans tant d'usines qui vont fermer ou ont déjà fermé (GM&S, Ford-Blanquefort, Arjowiggins, les personnels de feu ED-Carrefour-Market, sans oublier les plans de licenciement en préparation chez AuchanGeneral Electric...) ; ça nous fait combien de marcheurs potentiels tous les samedis, qui restent pourtant chez eux parce qu'ils n'ont pas la force de se taper des kilomètres de marche tous les samedis, tout en n'en pensant pas moins ? 

"Le mouvement des Gilets Jaunes s'essouffle !", "Combien de temps vont-ils encore tenir ?", "Est-ce le commencement de la fin pour les Gilets Jaunes ?", etc.

Sacrés journalistes ! 

Source
Cela dit, gardons-nous de toute médisance facile envers les journalistes, du moins la grande majorité d'entre eux. Prenez le sémillant Thomas M., de BFM-TV, qui aurait traité d'un peu haut un Gilet Jaune qu'il aurait mis en demeure de quitter le plateau s'il n'était pas content (?). Ne voilà-t-il pas qu'à la suite de quelques-uns de ses confrères (surtout des consoeurs, d'ailleurs, cf. Florence Aubenas, Anne Nivat), notre journaliste parisien a pris son courage à deux mains, en allant voir d'un peu plus près, et dans les yeux, cette France des oubliés de la République ? 

Comme preuve qu'il ne faut jamais désespérer des gens !




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