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vendredi 25 octobre 2019

Sémantique de la désinformation #19


Épisode §19. Deux femmes forcément soumises !


Par parenthèse, le flot de visiteurs sur ce blog m'épate toujours, surtout depuis le début de la présente série sur la sémantique de la désinformation ! Et ça vient de partout, via l'incontournable 'Gogol'. Il faut dire (conseil aux jeunes blogueurs et blogueuses) qu'il existe un truc fort simple pour exciter l'intérêt des moteurs de recherche : ajouter plein d'images à votre texte, et surtout, les garnir de 'tags', soit des balises (alt="...") incluses dans le code et contenant des mots-clés. Ainsi, les images "taguées" apparaissent plus facilement dans des rubriques du type 'Gogol-images'.

Autre chose ?

Comme preuve qu'à la bêtise, nul(le) n'est tenu(e), voici une capture d'écran tirée du site du journal suisse Le Temps.


Ouf ! Il y en a qui savent encore distinguer un foulard d'un voile !

Et que dire d'Ilhan Omar, cette somalienne des États-Unis toujours coiffée, qui serait, selon certains commentateurs aussi stupides qu'incompétents, le symbole de la soumission des femmes au patriarcat.

Soumise, Ilhan Omar, vous êtes sûrs ? Ce qui est certain c'est que personne n'a osé, à ce jour, lui formuler pareille ineptie ! Dois-je vous avouer que j'adore cette fille, qui est l'incarnation même de la femme libérée, qui peut changer de tête trois fois par jour sans jamais oublier de paraître sexy ? Il semble que son époux (parce que cette femme libre était mariée ???) en ait pris quelque ombrage !






Deuxième visage de femme, forcément soumise, à en croire les cuistres et les féministes de pacotille : celle-là doit toujours donner des sueurs froides à l'oligarchie iranienne.


Par parenthèse, le mari de Maryam Radjavi semble avoir disparu de la circulation il y a pas mal de temps maintenant, et personne ne sait ce qu'il est devenu !


Petit supplément illustré

Quiz : savez-vous à quoi correspond l'image suivante ? Il s'agit, bien évidemment, d'un édifice religieux (catholique). Oui mais plus précisément ? Je vous le donne en mille !

 


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mercredi 23 octobre 2019

Sémantique de la désinformation #17bis


Épisode §17bis. Où il est encore question de foulards, de turbans, de hidjabs, etc., rebaptisés... voiles

L'autre soir, je jette un œil furtif sur les chaînes  de télévision (françaises) dites d'information, lorsque je tombe sur un échange entre Nagib Azergui, de l'Union des Démocrates Musulmans de France et des journalistes de la chaîne BFMTV. Il y est question de... voile et de... listes communautaristes.

Ainsi, donc, un parti "démocrate chrétien" serait tout à fait en phase avec les us et coutumes politiques françaises, mais pas un parti "démocrate musulman" !

Comme preuve que les politicards ne sont jamais à court d'idées ! Mais entre nous, on parie combien que personne, parmi moult aboyeurs de droite et de gauche, n'aura les c... (= couilles !) pour ne serait-ce que tenter d'initier une loi interdisant à des démocrates musulmans ou autres de créer un parti politique ?!

Mais il était aussi question d'autre chose durant le court laps de temps que j'ai consacré à cette chaîne de télévision : alors que Nagib Azergui parlait continûment du "foulard" sur la tête de certaines femmes, son interlocutrice, j'ai nommé la journaliste (ou journaleuse ?) Camille Langlade persistait à lui rétorquer "voile".

C'est à se demander s'ils (politicards et journaleux) ne se sont pas donné le mot pour SURTOUT marteler le slogan VOILE  sur tous les tons. C'est à se demander aussi si ces gens ne cherchent pas à paraître plus bêtes qu'ils ne sont en réalité ! Parce que, lorsqu'on interroge de jeunes élèves d'un collège ou lycée quelconque, en leur montrant des images de "voiles", bien évidemment ils s'écrient : "Mais monsieur, ça ce n'est pas un voile ; ça oui, ça non ; c'est juste un foulard !".

Autre chose ? Un ancien ministre de l'Intérieur, ci-devant maire de Lyon, interrogé sur une radio, y a déclaré, tout récemment, qu'il souhaitait voir le président de la République prendre la parole sur les questions de voile et de laïcité. Et moi de m'interroger...

Il se trouve que le ci-devant maire de Lyon, Gérard Collomb, est un agrégé de lettres classiques, si je suis bien informé. Et moi de regretter que notre ex-agrégé de lettres classiques n'ait pas saisi l'opportunité qui lui était offerte pour dispenser à quelques millions d'auditeurs sa science de la langue française, à commencer par l'étymologie du mot "laïcité".

Ne dit-on pas "prof un jour, prof toujours" ? À ceci près que la France compte une myriade d'ex-agrégés de ceci ou de cela, qui n'ont jamais mis les pieds dans une salle de classe, le titre "Agrégé" n'étant là que pour faire joli sur une carte de visite !

Last but not least : vous allez finir par connaître mon appétence pour les beaux visages (et pas que les visages !) féminins, moi qui me suis converti à la photo en relief il y a un bout de temps maintenant.

Certaines des images qui suivent ont déjà été postées ailleurs sur ce blog. Toutes ces images sont protégées contre la copie moyennant une déformation ou un floutage. Lunettes rouge-cyan requises. De magnifiques visages et d'envoûtants regards de femmes reflétant subliminalement toutes les splendeurs de l'Orient  (lequel Orient passe - aussi - par l'Afrique !). 









 

Encore une femme à la tête recouverte d'un... Je suis curieux de savoir comment nos journaleux et politicards appelleraient cet accessoire vestimentaire sur la tête de cette célébrité (Chantilly, 2014, en marge du Prix de Diane ; image en 3D).
C'était dans quel film déjà???? - Cliquer sur l'image pour l'agrandir



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jeudi 17 octobre 2019

Sémantique de la désinformation #18


Épisode §18. Un "tweet" !


Et dire que Jean Anouilh a échappé à une convocation par la Kommandantur. Tandis que Dieudonné...

Citation :
Actuellement on se contente d’excommunier les représentants des monarques : ce n’est pas les ambassadeurs que je veux dire, mais les comédiens, qui sont rois et empereurs trois ou quatre fois par semaine, et qui gouvernent l’univers pour gagner leur vie. (...) Je ne connais guère que leur profession et celle des sorciers à qui on fasse aujourd’hui cet honneur. Mais comme il n’y a plus de sorciers depuis environ soixante à quatre-vingts ans, que la bonne philosophie a été connue des hommes, il ne reste plus pour victimes qu’Alexandre, César, Athalie, Polyeucte, Andromaque, Brutus, Zaïre, et Arlequin. (...) La grande raison qu’on en apporte, c’est que ces messieurs et ces dames représentent des passions. Mais, si la peinture du cœur humain mérite une si horrible flétrissure, on devrait donc user d’une plus grande rigueur avec les peintres et les statuaires. Il y a beaucoup de tableaux licencieux qu’on vend publiquement, au lieu qu’on ne représente pas un seul poème dramatique qui ne soit dans la plus exacte bienséance. La Vénus du Titien et celle du Corrége sont toutes nues, et sont dangereuses en tout temps pour notre jeunesse modeste ; mais les comédiens ne récitent les vers admirables de Cinna que pendant environ deux heures, et avec l’approbation du magistrat, sous l’autorité royale. Pourquoi donc ces personnages vivants sur le théâtre sont-ils plus condamnés que ces comédiens muets sur la toile ? Ut mictura poesis erit. Qu’auraient dit les Sophocle et les Euripide, s’ils avaient pu prévoir qu’un peuple qui n’a cessé d’être barbare qu’en les imitant imprimerait un jour cette tache au théâtre, qui reçut de leur temps une si haute gloire ? (Voltaire)

Vous ai-je déjà avoué détester lesdits "réseaux sociaux" ? "J'ai mal digéré un sandwich, vite, un tweet ! Il pleut des cordes devant ma fenêtre ? Vite un message, que les "followers" vont s'empresser de 'liker' ! J'ai croisé dans la rue une personne habillée bizarrement ; rendez-vous compte, elle portait un foulard  ! Vite, un tweet, pour susciter l'indignation en cascade des "followers" !" Le tout en cent quarante, pardon ! on est passé à deux cent quatre-vingts signes !

Voici venu le temps des idéologues à la pensée étriquée, rabougrie, rapetissée, façon Jivaros, le temps des exhibitionnistes en tous genres, des Tartuffes narcissiques de tous acabits ! Signe des temps, n'est-il pas ? Il faut dire que le "selfie" (de 'self' : soi-même) est passé par-là !

Moi qui suis un adepte des "longs papiers", soit de plus de 6000 signes, en général, je m'amuse depuis peu à expérimenter la pensée en 280 caractères, puisque je me suis inscrit sur le portail Tw..., bien moins chiant, il faut bien le dire, que Face-machin ou que Insta-truc, le tout dans le but de contacter certaines personnes, la règle vous imposant de créer un compte si vous voulez participer à une discussion ou envoyer un message à quelqu'un...

Donc, je me suis mis à envoyer des tweets par-ci, par-là, pas tous les jours, je vous rassure ! Le dernier en date ? Le voici, destiné à Mme Belloubet, Ministre (française) de la Justice.

Vous avez compris qu'il y était question d'un procès survenu récemment, intenté au seul comédien au monde (hors territoire taliban ou islamiste) à être régulièrement inquiété pour propos tenus sur la scène d'un théâtre, j'ai nommé Dieudonné.

Le message affiché ci-dessus était suivi de l'adresse numérique d'un texte important que l'on doit à feu Henri Meschonnic, alors professeur à l'Université Paris VIII et traducteur de la Bible.  Compte tenu des aléas toujours envisageables sur l'affichage de documents en ligne, le texte en question pouvant disparaître à tout moment, au gré des humeurs de son éditeur, j'ai choisi de l'afficher ici même, in extenso.

Pour en finir avec le mot "Shoah", par Henri Meschonnic (Le Monde, 19 février 2005)
"Comme tout ce qui touche au langage touche à l'éthique d'une société, donc à sa politique, je proposerais, pour qu'au moins une fois on l'entende, qu'on laisse le mot "Shoah" aux poubelles de l'histoire".
Jacques Sebag a rassemblé (Le Monde du 27 janvier) presque toutes les raisons de rejeter le terme "Holocauste" pour désigner l'extermination des juifs par le nazisme et par Vichy : puisque le mot désigne un sacrifice offert à Dieu, où, au lieu de manger la bête sacrifiée, on la brûle en entier, c'est-à-dire qu'on l'offre en entier à la divinité.
D'où le scandale d'user de cette appellation pour dire une extermination voulue par une idéologie sans rapport avec le divin. Appellation qui constitue un "contresens majeur", comme disait Jacques Sebag, mais nullement une "flagrante maladresse de langage". C'est bien plus grave. D'autant que le mot s'est installé, comme il le rappelle, aux Etats-Unis, conforté par la diffusion du film américain du même nom.
Pour condamner "Holocauste", il faut ajouter que non seulement le terme implique une théologie qui justifie le meurtre de masse en le présentant comme une dévotion et un sacrifice en paiement des péchés, ce qui en fait une punition divine - sacrilège maximal au nom du religieux -, mais c'est aussi parce que c'est un terme grec, qui vient de la traduction des Septante, texte de base du christianisme, une christianisation, une archéologisation.
Le consensus s'est déplacé, en français, sur le mot "Shoah", lui aussi porté par un film à succès, celui de Claude Lanzmann. Mais autant Jacques Sebag rassemble avec énergie l'argumentation "pour en finir avec le mot Holocauste", autant il semble, comme tout le monde, accepter le mot "Shoah" et même le justifier : "Shoah dit la judéité de la victime et souligne, à juste titre, sa spécificité religieuse et culturelle."
Or, là aussi, il y a de l'intolérable, et il faut le faire entendre, d'autant plus qu'on ne l'entend pas. Les références mêmes à l'hébreu, avec l'apparence du savoir, inversent toute la réalité historique du mot, et aggravent un contresens généralisé qui ne semble gêner personne.
Ce qui accroît le scandale. Car le mot "Shoah" n'a pas du tout, en hébreu, de "connotation religieuse", et il ne désigne pas "également" un cataclysme et il ne renvoie pas "aussi à l'idée de "catastrophe naturelle"". Le mot n'a rien à voir avec le massacre, il n'introduit pas non plus du "providentiel".
Le scandale, que la médiatisation du mot rend inaudible, est que c'est un mot qui, dans la Bible où il se rencontre treize fois, désigne une tempête, un orage et les ravages - deux fois dans Job - laissés par la tempête dévastatrice. Un phénomène naturel, simplement.

Il y a d'autres mots, dans la Bible, pour désigner une catastrophe causée par les hommes. Le scandale est d'abord d'employer un mot qui désigne un phénomène de la nature pour dire une barbarie tout humaine.
L'hébreu dit, par exemple, "hurban". C'est le mot qu'emploie Manès Sperber dans Etre Juif (Odile Jacob, 1994). Je ne connais que trois auteurs qui emploient ce terme : Manès Sperber, Elias Canetti et Daniel Lindenberg, dans Figures d'Israël (Hachette, 1997), qui note que "hurb (a) n", en hébreu, égale "destruction, ruine (forme yiddish : hurbn)". Terme qui serait "peut-être plus approprié pour désigner le génocide nazi des juifs, entre 1941 et 1945".
Le consensus s'est collé sur le mot "Shoah". Ecrit à l'anglaise. Et ce mot est une pollution de l'esprit. Pour plusieurs raisons, qui tiennent à ses effets pervers.
Il n'y a pas à céder, un peu vite et lâchement, à l'argument qui mettrait le rappel du sens biblique de ce mot au compte d'un souci déplacé pour une archéologie du langage. Il est vrai que l'histoire ne cesse de montrer que des mots prennent des sens nouveaux, perdent des sens anciens.
Mais il n'est pas anodin d'avoir pris, pour nommer une horreur toute ciblée, un mot d'hébreu biblique. Il y a là d'abord une insensibilité au langage qui juge ceux qui l'acceptent et s'y associent sans même le savoir, sans chercher à le savoir.
Ici intervient un autre aspect du scandale de ce mot, c'est qu'il est présenté comme le "nom définitif" de l'innommable. Tout se passe comme si Claude Lanzmann, l'auteur du film Shoah, identifiait son film à la nomination de l'innommable même, ayant choisi ce nom hébreu, de son propre aveu, parce qu'il ne connaît pas l'hébreu (Libération du 24 janvier) : "J'ai choisi ce nom parce que je ne comprenais pas ce qu'il voulait dire". Où se mêlent l'idée de "destruction" et "aussi bien - celle d' - une catastrophe naturelle". D'où est privilégié l'"opaque", renforçant ainsi l'identification entre l'innommable au sens d'une horreur que le langage ne peut pas dire, et l'effet de nom "éponyme", "acte radical de nomination", qu'il s'approprie : "L'auteur de la Shoah, c'est Hitler. Lanzmann, c'est l'auteur de Shoah."
Les nazis avaient des raisons qui étaient propres à leur tactique pour recourir à une terminologie de masquage qui était en même temps explicite : "solution finale", "évacuation" (pour déportation). Il n'y avait là rien d'innommable ou d'indicible. Tout était parfaitement nommé. Les états d'âme concernant la désignation sont apparus en 1944-1945, en même temps que le tabou qui rendait inaudibles les récits des témoins et survivants.
L'invention du terme "génocide" est assez vite devenue matière à problème, celui d'une spécificité-unicité. Revendiquée par les uns, refusée par les autres, étant donné la multiplication des massacres de masse : génocides arménien, cambodgien, rwandais... Ce que récemment l'apparition du terme "judéocide" tend peut-être à conjurer.
Car il y a bien, chaque fois, une spécificité, une unicité. La spécificité juive tient à tout un héritage d'enseignement non du "mépris", comme disait Jules Isaac, mais de la haine. Un héritage théologico-politique qui s'est biologisé, radicalisé, selon une rhétorique remarquable d'inversion : la haine contre ce que Hegel appelait la religion de la haine, opposée à la religion de l'amour - le christianisme. Même rhétorique de l'inversion, et je la mentionne parce qu'elle est essentielle, dans l'utilisation des Protocoles des Sages de Sion : une réelle volonté de destruction de ceux à qui on impute cette volonté de destruction. C'est la continuité de l'antijudaïsme chrétien à l'antisémitisme du XIXe siècle, qui aboutit à une radicalisation d'hygiène populiste avec Hitler et Vichy. Parfaitement nommée "solution finale".
Au passage, puisqu'on en est aux commémorations, je propose qu'on organise un centenaire des Protocoles des Sages de Sion : 1905. Ce serait une occasion unique à saisir pour montrer à tous la bête immonde et son utilisation par une autre rhétorique d'inversion, tout actuelle, la même et pas la même. Sans oublier que ce sont les Arabes chrétiens qui, vers 1920, ont traduit en arabe cette Bible du tuez-le-juif.
Là-dessus, deux problèmes. L'un est que le choix d'un mot hébreu pour désigner la "solution finale", liée à des siècles de haine, fait dire dans la langue emblématique des victimes un acte entièrement imputable aux hygiénistes de la race. Ce n'était pas la langue de ceux qu'on a massacrés. L'hébreu leur était une langue liturgique. Sans parler des enfants, dont beaucoup ne parlaient pas encore, mais Drieu La Rochelle avait dit de ne pas oublier "les petits". Nommer cet acte en allemand, Endlösung, serait aussi faire offense à ceux qui ont les premiers rempli les camps, et la langue allemande n'y est pour rien.
L'autre problème, dans ce mot empoisonné, c'est une victimisation tout aussi totalitaire que le massacre : ce qu'Ami Bouganim appelle le "traumatisme de la Shoah", dans Le Juif égaré (Desclée de Brouwer, 1990). On retrouve l'interdit énoncé par Adorno en 1949, qu'il serait barbare et impossible d'écrire des poèmes après Auschwitz.
Ainsi "Shoah" condense un "culte du souvenir" qui s'est mis à dévorer ce qui reste de vivant chez les survivants. Le procès apparemment fait à un mot porte sur tout ce qui porte ce mot, comme dit Yeshayahu Leibowitz : "La grande erreur d'aujourd'hui consiste à faire de la Shoah la question centrale à propos de tout ce qui concerne le peuple juif", et la Shoah est devenue ainsi pour certains "le substitut du judaïsme" (dans Israël et judaïsme, Desclée de Brouwer, 1996).
Le mot ramasse ce qu'on a appelé "la question juive". Qui est tout sauf juive. Une fois de plus, comme écrivait Hegel, les juifs n'ont pas d'histoire, n'ayant que celle de leur martyre. Alors, pour lutter contre les rhétoriques d'inversion et de dénégation liées à la victimisation, qu'énonçait déjà Rudolf Hoess, le chef du camp d'Auschwitz, dans ses Mémoires, quand il disait que, de cette extermination (inachevée), ce seraient encore les juifs qui tireraient le plus de profit, et comme tout ce qui touche au langage touche à l'éthique d'une société, donc à sa politique, je proposerais, pour qu'au moins une fois on l'entende, qu'on laisse le mot "Shoah" aux poubelles de l'histoire.
Raul Hilberg ne s'en embarrassait pas, dans son livre La Destruction des juifs d'Europe. Et lui ne voulait pas du terme d'"extermination". Il y a eu, et il y a encore, une purulence humaine qui a voulu et qui veut la mort des juifs. Il n'y a pas besoin d'un mot hébreu pour le dire. On peut le dire dans toutes les langues avec des mots qui disent ce qu'ils veulent dire, et dont chacun connaît le sens.
Le mot "Shoah", avec sa majuscule qui l'essentialise, contient et maintient l'accomplissement du théologico-politique, la solution finale du "peuple déicide" pour être le vrai peuple élu. Il serait plus sain pour le langage que ce mot ne soit plus un jour que le titre d'un film.

Henri Meschonnic est traducteur de la Bible, professeur émérite à l'université Paris-VIII. (Source)


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mardi 15 octobre 2019

Sémantique de la désinformation #17


Épisode §17. Jan Vermeer van Delft et la laitière "islamique"


Cette fois, ça va être très court (côté texte) en la forme d'une histoire (presque) sans paroles.

Ce qui suit devrait intéresser les férus de muséographie, et tout particulièrement les aficionados de peinture.

Il se trouve que tout bon connaisseur de la peinture flamande a dû noter la profusion de coiffes en tous genres arborées par les femmes chez Van Eyck, Heck, Memling, Van der Weyden, Vermeer, et d'autres comme l'Italien Bronzino, l'Allemand Holbein, ou le Français Georges de la Tour, avec ses fameux 'Tricheurs' ou ses 'Diseuses de bonne aventure'.

Il semble toutefois que la plus célèbre de ces femmes au "voile", euh... (forcément) islamique soit cette personne reproduite à des milliards d'exemplaires sur les pots de yaourt d'une célèbre marque française, la fameuse laitière islamique peinte par Jan Vermeer.

Dans la rubrique "Rions un peu", voici une petite galerie de portraits de femmes affublées du fameux "voile" (forcément) "islamique".

Jan Vermeer van Delft, La laitière (forcément) islamique 

 
 
 
 
 
 
 

 
 
 
 
Bébés (forcément) islamiques



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lundi 14 octobre 2019

Sémantique de la désinformation #16



Épisode §16. Où il va encore être question du "voile", que les cuistres qualifient comment déjà ? Euh..., d'islamique ?!?!


('La Joconde noire') Marie-Guillemine Benoist, Portrait de négresse, Louvre, Paris (image en 3D stéréoscopique ; lunettes rouge-cyan requises)

Tiens, par parenthèse, j'ai adressé tantôt un "tweet" à divers journalistes français officiant sur les médias écrits et audiovisuels (cf. l'éminent Olivier Mazerolle), pour  les exhorter de s'acheter un bon dictionnaire de la langue française, histoire de combler de cruelles lacunes lexicales.

Je vous avoue que je ne m'explique pas - enfin, je me comprends ! - cette répugnance des journalistes/journaleux et politiciens/politicards français à prononcer le mot "foulard", lui préférant systématiquement le terme "voile" !

Alors, on leur répète, que le verbe "voiler" a un sens très précis, révélé par son antonyme "dévoiler" ? C'est précisément ce que l'ex-animatrice des concours Miss France, Geneviève de Fontenay, est venue tantôt expliquer sur un plateau de télévision, en se munissant d'un voile dont elle s'est recouvert la tête, et tout en précisant que cette chose était bien un voile, à ne pas confondre avec un foulard !

Source
Mais bon, tout le monde n'a pas une aussi bonne connaissance de la langue française que Mme de Fontenay, ce qui fait qu'à peu près tout le monde - je veux parler des cuistres (journaleux, politicards...) - continue d'appeler "voile" ce qui n'est qu'un "foulard", une "cagoule", un "turban"...

Au risque de me répéter - mais la pédagogie ne consiste-t-elle pas en une exigence de répétition à l'infini, jusqu'à ce que la chose soit comprise ? -, voici, ci-dessous, deux groupes de femmes arborant quelque chose sur la tête :

- Groupe 1 : juste pour rire, puisque nous avons des docteurs autoproclamés, spécialisés dans la reconnaissance de tous types de signes religieux, nous allons leur demander d'identifier la religion des quatre femmes reproduites ci-dessous. J'ai dit juste pour rire !





- Groupe 2 : femmes voilées ; on peut toujours tenter de leur attribuer une religion, le fait est que ledit voile a, ici, une connotation plus ethnico-géographique que religieuse : la première de la série est une afghane, tandis que la toute dernière est une berbère (Algérie ou Maroc).





Vous allez finir par savoir qu'entre autres activités, j'ai pratiqué l'enseignement, notamment le job de prof à domicile, et ce, alors même que je n'étais encore qu'étudiant. Ça complète fort bien celui de prof tout court, même si j'ai, et de loin, préféré intervenir à domicile, puisque là, on vous appelle quand tous les autres ont échoué. Et puis vous découvrez la société comme aucun sociologue ne saurait le faire : de l'intérieur ! Par parenthèse, en une bonne vingtaine d'années, entre Maternelle et Lycée, je ne me souviens pas avoir connu un seul échec ; parce qu'en cas d'échec, il va sans dire que les parents ne vous rappellent pas, et surtout, ne refilent pas vos coordonnées à leurs amis ou voisins !

Bien évidemment, les plus gros consommateurs de cours à domicile habitent (en région parisienne) dans les quartiers huppés de l'Ouest (arrondissements VII, VIII, XVI, XVII, Neuilly-sur-Seine, Saint-Cloud, Chaville, Versailles, etc.).

Et s'il y a un accessoire vestimentaire que l'on ne trouve que chez des gens assez, voire très riches, je veux parler des bourgeoises des beaux quartiers de l'ouest parisien, mais aussi de pas mal de touristes fortunées en provenance de riches émirats pétroliers, c'est l'objet dont je reproduis quelques spécimens ci-dessous. Il semble que ce soit une spécialité française ! (Source)




 



Hermès, Cartier, Dior, Vuitton..., vous avez compris que, dans le monde du luxe, les plus importants producteurs de foulards étaient français, ces grandes marques rivalisant d'imagination pour intégrer les sacs à main des bourgeoises du golfe arabo-persique. Et il y en a que ça étonne ?

Il semble, en effet, que les plus grosses consommatrices de ces carrés soient les bourgeoises du monde arabo-musulman. Et si vous n'en êtes pas convaincu(e)s, allez donc faire un tour dans les allées des grands centres commerciaux des pétro-monarchies et autres émirats : entre maroquinerie, horlogerie, bijouterie, parfumerie, vous allez immanquablement tomber sur ces fameux "carrés", moyennant près de 500 euros/pièce, voire plus. 

Et sur la tête d'une bourgeoise des émirats et d'ailleurs, un carré Vuitton ou Cartier, combiné éventuellement avec un autre carré Dior ou Hermès et agrémenté d'autres parures, ça donne ça : 

 





Et si nos "journaleux" et autres politicards étaient moins stupides, ils iraient demander à ces messieurs-dames de chez Vuitton, Dior, Hermès, Cartier... comment on appelle ces morceaux de tissu, et je doute fort qu'on leur réponde "voile" !

Last but not least, en ma qualité d'amateur de photos, j'ai toujours considéré qu'il n'y avait rien de plus sexy chez une femme qu'un regard qui vous fixe de très près... Et dans ce domaine, que dire du regard de braise des femmes orientales (pour moi, l'Orient, ça commence au Maroc) ?

Ce qui suit est une série de photos de mon cru, réalisées en 3D, donc visibles à l'aide de petites lunettes rouge-cyan (voir modèle ci-dessous). 
Pour protéger les images de toute contrefaçon, je les ai garnies de défauts visibles (ex. floutage partiel). Toutes ces femmes portent une parure sur la tête et une seule d'entre elles est voilée. Si l'on m'avait dit, un jour, qu'un tchador pouvait être sexy, je ne l'aurais pas cru, et pourtant, on peut être fichtrement sexy en tchador "gris anthracite" voire "aile de corbeau". Quant au tout dernier visage reproduit ci-dessous, le seul à être "voilé", je défie quiconque de me désigner, dans le monde de la politique, de la mode, du sport, de la chanson ou du cinéma, une seule femme possédant un regard aussi dévastateur en termes de sex-appeal !











Simply amazing! Que disait déjà Gabin à Michèle Morgan dans le fameux film ?