Dans la rubrique : "Mieux vaut tard que jamais", voici un nouvel épisode de l'histoire édifiante de ce petit Syrien couvert de poussière et victime de... Bachar el-Assad (?!?!), ainsi que l'ont claironné sur tous les toits nos petits et grands médias passés experts dans l'art de la désinformation.
Souvenez-vous : un garçonnet regardant fixement la caméra et ne disant pas un mot, miraculeusement sauvé d'un bombardement sur Alep opéré apparemment par l'armée de "l'infâme dictateur qui tue son propre peuple".
Comment oublier ce garçonnet ?
Le problème est que le crédit que j'accorde aux petits et grands médias de la presse dite "main stream" s'est étiolé comme neige au soleil, tombant à un niveau que j'estimerais autour de zéro virgule zéro zéro, ce qui fait que je ne lis plus du tout ladite presse, en tout cas, ne l'achète plus du tout. Mais on la croise encore, de temps à autre, sur l'Internet...
... Sur l'Internet, où l'on peut consulter moult sites que la presse "main stream" ou "mean stream" qualifie de comment déjà ? ... complotistes ?
Tiens, en voilà un, justement, le fameux voltairenet de Thierry Meyssan, lequel nous informait déjà (août 2016) de la plus que probable manipulation du sort de ce malheureux petit garçon par les gangsters envoyés en Syrie par l'Otan et les pétromonarchies arabes.
Ça commence comme ça :
La société Innovative Communications & Strategies (InCoStrat), créée par le MI6 pour organiser la propagande de l’Otan à propos de la Syrie [1], a diffusé une vidéo et une photographie du jeune Omran Daqneesh (5 ans), secouru par les White Helmets, dans une ambulance à Alep.
Cette documentation a fait le tour du monde et la « une » de la plupart des journaux du bloc atlantiste. Elle est devenue le symbole des enfants massacrés par le « régime de Bachar el-Assad ou ses alliés russes ».
Selon InCoStrat —qui avait déjà publié la photographie du jeune Aylan Kurdi, mort sur une plage turque en essayant de traverser la Méditerranée —, la maison de l’enfant aurait été bombardée et ses parents seraient morts.
Les White Helmets sont une « ONG » servant de couverture à la CIA (États-Unis), au MI6 (Royaume-Uni) et à l’IDB (Pays-Bas). (La suite)
Et voilà qu'un prestigieux représentant de la presse "main stream", le quotidien parisien "Le Monde", vient corroborer les "odieux mensonges du site complotiste" de Thierry Meyssan ! Non, mais sans blague !
J'ai recopié la totalité du papier ci-dessous, au cas où il disparaîtrait bientôt des écrans ; on n'est jamais assez prudent.
L’enfant et son père sont apparus
dans plusieurs médias pour défendre le régime et accuser les rebelles d’avoir
voulu les instrumentaliser.
Le 17 août, le monde découvrait
le visage traumatisé d’Omrane Daqneesh, un petit Syrien de 5 ans qui avait
survécu à la destruction de son appartement dans le quartier rebelle de
Qaterji, à Alep. Il était couvert de poussière et de sang, les mains sagement posées
sur ses genoux, le regard complètement perdu dans le siège orange fluo d’une
ambulance.
Cette image allait immédiatement
devenir, par sa puissance, le symbole de l’horreur de la guerre civile
syrienne, et plus précisément de la bataille à Alep, qui retombera, quelques
mois plus tard, sous le contrôle de l’armée régulière.
La seule apparition publique du
jeune garçon ou de sa famille, qui refusa de s’exprimer, a été cette photo et
la vidéo de son sauvetage des décombres, prises respectivement par Mahmoud
Rslan, photographe indépendant, et Mustafa Al-Sarout, caméraman pour l’Aleppo
Media Center, un média proche des rebelles syriens.
Elles ont été diffusées sur les
réseaux par les activistes anti-régime, pour émouvoir et sensibiliser l’opinion
mondiale, et sont devenues virales à force de reprises dans les médias
occidentaux. L’image fut reprise sur les « unes » de journaux en toutes langues,
puis, comme tous les contenus viraux, s’effaça. On sut seulement qu’Omrane
avait été soigné à l’hôpital après ce 17 août, et qu’il était vivant. Son
frère, Ali, 10 ans, y laissa la vie.
Lire : Un photographe raconte son quotidien auprès
d’« autres » enfants dans l’enfer syrien
« Je suis Omrane Daqneesh et j’ai
4 ans »
Près d’un an plus tard, Omrane
Daqneesh est réapparu, accompagné de son père Mohamad Kheir Daqneesh, dans une
série d’interviews données en début de semaine à des médias russes, iraniens et
syriens soutenant le régime de Bachar Al-Assad. On reconnaît un peu le petit
garçon paralysé et couvert de suie. Il apparaît en bonne santé, jouant, ou
répondant aux questions que lui pose, par exemple, la chaîne russe Ruptly : «
Je suis Omrane Daqneesh et j’ai 4 ans. » Comme le note le Washington Post, cet
âge (qui était de 5 ans en 2016) « est une information parmi d’autres qui ont
changé par rapport à la version initiale de l’histoire ».
Dans ce déluge d’interviews, son
père accuse les groupes rebelles syriens et les médias occidentaux d’avoir
utilisé les images de son fils comme « outil de propagande » contre le régime
syrien.
« ILS VOULAIENT SE FAIRE DE
L’ARGENT AVEC SON SANG ET ONT PUBLIÉ CES PHOTOS »
A la présentatrice syrienne
Kinana Alloush, travaillant pour une chaîne progouvernementale, il raconte
comment les casques blancs, à qui il a confié son fils après l’avoir sorti des
décombres, « l’ont mis dans leur ambulance et l’ont filmé. C’était contre ma
volonté ». « Ils voulaient se faire de l’argent avec son sang et ont publié ces
photos. Il a été tué et ressuscité plusieurs fois dans les médias », dira-t-il
aussi sur la chaîne iranienne Al-Alam, une référence aux médias qui
rapporteront de façon erronée la mort du petit garçon peu après la diffusion
des images.
Il affirme avoir reçu des
pressions, y compris des offres d’argent, de la part de groupes rebelles et
d’opposition, pour « parler contre le régime syrien et l’Etat », ce qu’il a
refusé de faire. Pour échapper aux intimidations, il dit avoir changé le nom et
la coupe de cheveu de son fils.
Sur la chaîne libanaise
Al-Mayadeen, Mohamad Kheir Daqneesh explique qu’il a voulu rester à Alep,
désormais sous contrôle du régime, alors qu’il avait reçu des offres pour «
habiter en Turquie, aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne ».
Manipulation et capital
médiatique
On peut douter que la succession
de quatre interviews en à peine quelques jours, lors desquelles les mêmes
propos sont répétés et les mêmes accusations lancées, ait été organisée sans
l’aval, ou même l’impulsion de Damas. Les informations sur la guerre diffusées
par les médias officiels syriens sont en effet étroitement contrôlées par le
régime. Les autres médias – russes, iraniens, libanais – peuvent être
considérés comme bienveillants envers Damas.
« LA SITUATION ME FAIT
DIRE QU’ILS ONT PROBABLEMENT ÉTÉ CONTRAINTS »
« Ils sont dans une zone sous
contrôle du gouvernement et c’est un gouvernement dont on sait qu’il arrête et
torture ceux qui le critiquent, opine la chercheuse Valerie Szybala, du Syria
Institute. La situation me fait dire qu’ils ont probablement été contraints. »
Mais avant même sa réapparition
médiatique, le petit Omrane avait déjà été instrumentalisé. Pendant que les
opposants au régime médiatisaient son sort, Bachar Al-Assad disait à une
télévision suisse que la photo « n’était pas réelle et avait été retouchée »,
qu’elle « faisait partie de la publicité de ces casques blancs ».
On peut considérer cela comme une
réponse à John Kirby, porte-parole du département d’Etat américain, qui avait
baptisé à la même époque Omrane de « vrai visage » de la guerre syrienne.
Aujourd’hui, les médias pro-Assad
tentent de récupérer pour la
Syrie et ses alliés l’image de la famille Daqneesh et son
capital médiatique. Dans la foulée de toutes ces interviews, l’ambassade russe
au Royaume-Uni, qui ne renonce jamais à l’ironie, s’est par exemple félicitée,
de façon très sérieuse, que « le garçon syrien dont l’image avait été exploitée
par les médias propagandistes pour empêcher la libération d’Alep soit en bonne
santé. C’est pour cela que la
Russie se bat ».
Moralité : qu'il est difficile de reconnaître, avec près d'un an de retard, que l'on s'est planté, ou, tout simplement, que la vérité a fini par sortir du puits ! Mais ne demandons pas l'impossible à des professionnels de la désinformation ! Le gamin et sa famille ont forcément été menacés de représailles par le régime de l'"ignoble Bachar El-Assad", de même que c'est à tort que la presse "mean stream" a fait croire au monde entier que la totalité de la ville d'Alep était menacée de destruction ! (Lire)
Pour ma part, je continue de trouver moult sites dits complotistes, à l'instar de l'excellent 'voltairenet' de Thierry Meyssan, mille fois plus fiables que tous les petits ou grands média de la presse mean stream.