Translate

Affichage des articles dont le libellé est sionismus. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sionismus. Afficher tous les articles

mardi 31 mars 2026

Terre promise aux... nazis. The so-called Promised Land occupied by... the Nazis

Ce qui suit est ma traduction d'un article paru dans Der Speigel, concernant les excellentes relation entre le régime nazi et le mouvement sioniste allemand, mais sans jamais aller à l'essentiel. Toujours est-il que nous y apprenons que moult migrants allemands en Palestine étaietn des sympathisants nazis.

Relecture en cours.


"Nous voilà avec une bien jolie communauté hitlérienne."

La Terre promise, un bastion nazi ? Parfaitement. Avant 1939, un colon allemand sur trois en Palestine était membre du parti nazi et les Jeunesses hitlériennes de Haïfa proposaient des cours d’hébreu. Après la guerre, les Allemands de Palestine ont dû partir et ont été indemnisés financièrement par Israël.

L'une des innombrables rixes sanglantes entre communistes et nazis vers la fin de la République de Weimar eut lieu à Nagold, dans le Wurtemberg, en 1932. "J'ai vu un ami, un membre de la SA, grièvement blessé par un coup de revolver", se souvint plus tard Ludwig Buchhalter de cet événement dramatique qui allait le marquer profondément. Peu après, le jeune homme, politiquement naïf, rejoignit le parti nazi (NSDAP).

Rien d'inhabituel, en réalité ; des centaines de milliers d'Allemands firent de même à l'époque. Pourtant, l'histoire revêt une certaine saveur, car Ludwig Buchhalter était originaire de Jérusalem. Il y retourna en 1933 après avoir terminé sa formation à Nagold et prit un poste d'enseignant à l'école allemande. Peu de temps après, il devint le responsable local du NSDAP à Jérusalem.

Ce groupe local faisait partie d'un réseau national-socialiste en Terre sainte, qui allait bientôt opérer sous le nom de "Groupe d'État du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) en Palestine". Comme à Jérusalem, la majorité de ses membres étaient recrutés au sein de la "Société du Temple", une branche piétiste de l'Église d'État du Wurtemberg. Ses adeptes souabes s'étaient, vers le milieu du XIXe siècle, consacrés à "l'établissement du Royaume de Dieu sur Terre", qu'ils entendaient naturellement bâtir uniquement en Terre sainte. En 1868, les premiers Templiers commencèrent leur migration vers ce qui était alors la province ottomane de Palestine.

"Le sang, la terre, la race : des réalités divinement ordonnées."

Au début des années 1930, la minorité allemande en Palestine comptait un peu moins de 2500 personnes. Les colons souabes vivaient strictement isolés de tous les non-Allemands. Avec un chauvinisme prononcé, ils méprisaient les Arabes, qui, à leurs yeux, ne mangeaient que "le pain de la paresse". Ils enviaient le succès des sionistes, car il anéantissait l'espoir des Arabes de de gouverner un jour le pays.

À leurs yeux, l'immigration à motivation sioniste n'avait gagné en influence que grâce à la "puissance de l'or juif". Très tôt, l'antijudaïsme des Templiers, initialement d'inspiration religieuse, fut remplacé par des allusions à l'inépuisable puissance financière d'une prétendue "communauté juive mondiale "omnipotente, puis enrichi par un antisémitisme racial et biologique. En 1935, la "Warte des Tempels" (Garde du Temple), organe central de la Société du Temple, proclamait fièrement que, depuis des générations, elle s'était "comportée entièrement selon l'esprit national-socialiste sur la question raciale". "Le sang, la terre, la race comme réalités divinement ordonnées" devint rapidement le credo des piétistes.

Comme le montre la biographie de Ludwig Buchhalter, l'année 1933 marqua un tournant décisif pour les Allemands de Palestine. Ils voyaient dans la dictature hitlérienne le début d'une renaissance allemande ; les colons allemands furent saisis par une politisation inédite. Dès 1932, Karl Ruff, un architecte installé à Haïfa, avait établi les premiers contacts avec le parti nazi. L'Organisation étrangère (AO) du NSDAP, chargée des membres du parti hors des frontières du Reich, réagit promptement et espéra "établir un groupe régional, notamment en Palestine".

Les premiers résultats furent plutôt modestes. Seuls six Allemands de Palestine demandèrent à adhérer au parti nazi avant 1933. Mais en novembre 1933, 42 membres étaient enregistrés, et en janvier 1938, ce nombre avait grimpé à plus de 330 : un Allemand adulte sur trois en Palestine était désormais membre du parti nazi. Un chiffre remarquable : alors que seulement 5 % des citoyens allemands vivant à l'étranger étaient membres du parti au total, ce chiffre avoisinait les 17 % en Palestine. 

L'essor fulgurant du parti nazi en Palestine n'était certainement pas dû au charisme de ses responsables locaux. À l'instar de leurs modèles du "Troisième Reich", ces dignitaires nazis affichaient une propension marquée à l'intrigue et à la dénonciation mutuelle, ce qui, de fait, entravait le travail du parti. Néanmoins, "Il y a ici une communauté hitlérienne assez sympathique, qui assiste régulièrement aux discours", écrivait Cornelius Schwarz, futur chef du groupe régional du parti nazi, à son fils Erwin au Caire en mars 1933, "et des jeunes, déjà enthousiastes, viennent aussi régulièrement.".

En quelques années seulement, des sections locales du parti nazi s'implantèrent dans chaque colonie allemande de la Terre promise. Les Allemands de Palestine reproduisirent également avec succès le modèle des organisations nazies mises en place sous le "Troisième Reich". De nombreux aspects de la vie quotidienne des Allemands en Palestine sous le signe de la croix gammée paraissent aujourd'hui surprenants : par exemple, les cours d'hébreu proposés par les Jeunesses hitlériennes à Haïfa, ou encore la présence de Juifs arborant des drapeaux à croix gammée.

L'auto-nazification des Allemands en Palestine fut un succès retentissant et entièrement volontaire. Contrairement à l'Allemagne, le parti nazi palestinien ne disposait d'aucun appareil répressif ; quiconque s'opposait aux nazis de Jérusalem n'aurait couru aucun danger pour sa vie ou son intégrité physique. Cette auto-nazification incontestée des Allemands en Palestine, qui ne rencontra aucune résistance, peut donc être qualifiée à juste titre d'"auto-nazification".

Les années précédant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale offraient parfois des scènes dignes d'une pièce de théâtre absurde. Par exemple, durant les années tumultueuses de 1936 à 1939, les Arabes exigeaient explicitement que les voitures allemandes soient marquées du drapeau à croix gammée comme signe distinctif lors de leur passage sur les territoires qu'ils contrôlaient, afin d'éviter toute confusion avec des Juifs ou des Britanniques. Le parti nazi, pourtant assez élitiste, recommandait quant à lui à tous les Allemands de Palestine de porter l'insigne à croix gammée, qu'ils en soient membres ou non.

Cette situation exceptionnelle amena les autorités du Mandat britannique et les habitants juifs de Palestine à soupçonner tous les Allemands de sympathie envers les insurgés arabes. Ludwig Buchhalter en fit l'expérience directe lorsqu'il traversa des villages arabes sans encombre grâce au drapeau à croix gammée sur sa voiture, avant d'être pris pour cible par des tirs provenant d'un véhicule juif. Le camion laitier quotidien, qui assurait la navette entre Jérusalem et la colonie allemande de Wilhelma, arborait également un drapeau à croix gammée, parfois agité par les passagers juifs qui l'accompagnaient.

Israël doit indemniser les anciens nazis.

Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1939, sonna le glas des colonies allemandes en Palestine, et par conséquent celui de la section locale du parti nazi. Certains Allemands conscrits, dont le chef de la section de Jérusalem, Buchhalter, purent fuir la Terre promise par la mer juste avant le début des hostilités. Les Allemands restants en Palestine furent brièvement arrêtés, mais autorisés à rentrer chez eux quelques semaines plus tard.

Cependant, lorsque le "Renard du désert", Erwin Rommel, et son Afrika Korps progressèrent vers l'est le long de la côte méditerranéenne, les Britanniques déportèrent plus de 500 Allemands de Palestine vers l'Australie. Là-bas, ils furent internés dans un camp où, jusqu'en avril 1945, ils célébrèrent l'anniversaire d'Hitler dans l'Outback, pleins d'espoir d'une victoire finale.

L'adhésion ouverte au national-socialisme par les Palestiniens allemands eut de graves conséquences après 1945. Le retour des colons allemands était devenu impossible ; ceux qui restaient durent quitter le pays avant la fondation de l'État d'Israël en 1948. La Société du Temple perdit ainsi le centre de sa vie religieuse et sociale ; ses adeptes ne vivaient désormais plus qu'en Allemagne et en Australie.

Le départ de leur ancienne patrie, la Terre sainte, fut facilité pour les anciens nazis et leurs collaborateurs par une compensation financière : Israël fut contraint d’utiliser 54 millions de marks allemands provenant des paiements de l’Allemagne de l’Ouest en compensation des biens allemands confisqués en Palestine – du moins, c’était la clause de l’accord dit de réparations entre l’État juif et la République fédérale d’Allemagne. Ludwig Buchhalter, ancien responsable local du parti nazi à Jérusalem, en bénéficia également. Cet enseignant, qui travailla dans le système scolaire du Bade-Wurtemberg jusqu’à sa retraite en 1975, reçut dans les années 1950 une somme considérable à cinq chiffres en compensation de la perte de sa maison à Jérusalem.


Source


Commentaire

Ce qu'on peut dire de cet article ? Comme souvent, il ménage la chèvre et le chou, tout en dissimulant l'essentiel : Hitler et les Juifs allemands étaient copains comme cochons. Tout le monde aura remarqué la disssimulation d'un évènement essentiel : à peine arrivé à la chancellerie, Hitler pactise avec les sionistes allemands le fameux accord dit de Havaara - Inutile de cherche ce mot dans l'article : il n'y figure pas.-, dont la réalisation n'aurait pu se faire sans la bienveillance de l'occupant mandataire britannique en Palestine. Bref, un secret de Polochinelle.

 La suite est cousue de fil blanc : avec la guerre, voilà les "nazis palestiniens" contraints de quitter le pays, certains même étant déportés vers l'Australie. Dans les faits, le nouvel État d'Israël devait s'appliquer à dissimuler l'importance d'Hitler en tant que parrain et co-fondateur dudit État. Peine perdue ! Un peu de recherche permet de mettre la main sur moult archives parlantes, à l'instar des écrits du Baron (Graf) Leopold von MIldenstein, juif, membre du parti nazi et cadre de la Waffen SS (encore un secret de Polichinelle : la présence massive de Juifs dans la Wehrmacht, dont des officiers supérieurs, ainsi que dans la Waffen SS. 

L'article évite, évidemment, d'évoquer les exfiltrations massives de collaborateurs juifs d'Hitler vers la Palestine après la défaite, l'Etat d'Israël ayant été, de fait, un refuge pour ex-nazis bien plus sûr que l'Amérique du Sud. Pour preuve, un dessin de déporté exposé au mémorial de Yad Vashem. Le dessin reproduit une scène de tabassage dans un camp de concentration : un kapo passe à tabac un déporté, le détail intéressant du dessin étant que le tortionnaire et sa victime portent, tous les deux, un brassard affichant une étoile jaune.


Petit supplément illustré



Ci-dessus, la scène de tabassage ressemble en tous points à celle évoquée plus haut à Yad Vashem, les étoiles jaunes en moins. Pour mémoire : Stephanie von Hohenlohe, l'espionne nazie préférée d'Hitler, était juive. Elle séjournera plusieurs années aux États-Unis, allant même jusqu'à y faire de la prison, sans jamais faire défection ni livrer quelque secret d'État que ce fût.