Ce qui suit est le courrier que j'ai adressé, via le réseau social Tw..., à Arnaud Montebourg, après une de ses prestations sur la radio publique France Inter. Par parenthèse, observons que si, sur Twitter, officine mondialisée basée aux États-Unis, pays du 1er amendement de sa Constitution, on peut être l'objet de censure, votre compte étant purement et simplement désactivé à la suite d'un tweet jugé inopportun, mon éditeur de blogs me permet, non seulement d'être lu en plusieurs langues dans le monde entier, mais, de surcroît, de jouir d'une liberté de parole absolue.
Du coup, félicitons-nous de l'existence d'espaces de liberté totale comme celui que vous êtes en train de visiter.
Ainsi, donc, le sieur Arnaud Montebourg, tête pensante de la sphère socialiste française, était présent, le 10 juin 2021, dans les locaux de la Matinale de France Inter. Il y a dit des choses très intéressantes, dont cette phrase, qui m'a interpellé, au point de justifier une prise de position. Le message, paru sur Twitter, est reproduit in extenso ci-dessous, augmenté d'un "memento" et d'un lien hypertexte.
Bonjour.
Citation : "Il va bien falloir qu'on réinvente la proposition de la gauche au
pays...".
Ah bon !?
Mais de quelle gauche parlez-vous ? De l'héritière de l'auteur du Coup
d'État permanent ? Lequel, sitôt élu, s'est converti en bonapartiste
obstiné !
Votre problème, à gauche, c'est que vous n'avez toujours
rien compris ! Mitterrand, Jospin, Hollande. Trois détenteurs du pouvoir, trois
naufrages ensuite (voire quatre, cf. les deux cohabitations de Mitterrand). Et
vous persistez à ne pas comprendre !
C'est quoi le problème ? C'est que vous persistiez à adhérer
au scrutin uninominal à deux tours, si prisé dans les démocratures, et qui
convertit une ultra-minorité en ultra-majorité (2017 : 24% au 1er tour > 66%
au 2nd ; 2002 : 19% > 82%). Une pure escroquerie !
"Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans je commence une
carrière de dictateur ?" (1). On aurait pu lui répondre que les chiens ne font
pas de chats ! De fait, la France reste le seul pays de l'UE à trimbaler ce
système pré-dictatorial récusé y compris par d'anciens pays communistes !
Le fait est qu'au sortir de la dictature, Allemagne, Italie,
Espagne, Portugal, Grèce, Bulgarie, Roumanie, Hongrie..., Éthiopie récemment
(!) ont renoué avec le seul régime politique crédible : celui basé sur une
démocratie strictement parlementaire.
Moralité : tant que cette soi-disant "gauche"
continuera de se foutre du monde en croyant moraliser un système électoral
inventé par et conçu pour la droite et, de surcroît, foncièrement anti-démocratique, vous irez
dans le mur, avec ou sans Mélenchon !
PS. Et qu'on arrête de nous raconter des balivernes sur les
Français qui seraient viscéralement attachés au modèle bonapartiste !
Municipalités, départements et régions fonctionnent sur le modèle
parlementaire, lequel reste le système de référence partout !
Memento :
Article 6 de la Constitution de la 5ème République, version originelle de 1958.
« Le président de la République est élu pour sept ans par un collège
électoral comprenant les membres du Parlement, des conseils généraux et
des assemblées des territoires d'outre-mer, ainsi que les représentants
élus des conseils municipaux.
Ces représentants sont :
- le maire pour les communes de moins de 1 000 habitants ;
- le maire et le premier adjoint pour les communes de 1 000 à 2 000 habitants ;
- le maire, le premier adjoint et un conseiller municipal pris dans
l'ordre du tableau pour les communes de 2 001 à 2 500 habitants ;
- le maire et les deux premiers adjoints pour les communes de 2 501 à 3 000 habitants ;
- le maire, les deux premiers adjoints et trois conseillers municipaux
pris dans l'ordre du tableau pour les communes de 3 001 à
6 000 habitants ;
- le maire, les deux premiers adjoints et six conseillers municipaux
pris dans l'ordre du tableau pour les communes de 6 001 à
9 000 habitants ;
- tous les conseillers municipaux pour les communes de plus de 9 000 habitants ;
- en outre, pour les communes de plus de 30 000 habitants, des
délégués désignés par le conseil municipal à raison de un pour
1 000 habitants en sus de 30 000.
Dans les territoires d'outre-mer de la République, font aussi partie
du collège électoral les représentants élus des conseils des
collectivités administratives dans les conditions déterminées par une
loi organique.
La participation des États membres de la Communauté au collège
électoral du président de la République est fixée par accord entre la
République et les États membres de la Communauté.
Les modalités d'application du présent article sont fixées par une loi organique. »
(1) Source